Burkina Faso: Sortie porte-parole du gouvernement sur les mosquées / El hadj Abdoul Aziz Rouamba - «Ce sont des propos qui n'apaisent pas le climat social»

Les responsables de la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB) ont donné une conférence de presse hier 14 mai 2020 au Centre national de presse Norbert-Zongo à Ouagadougou.

Ce fut l'occasion pour El hadj Hamoudou Kaboré et ses camarades de donner leur version des faits sur la «visite» qu'ils ont effectuée le 2 mai dernier au siège de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) et de s'exprimer, entre autres, sur les propos du ministre de la Communication, des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou ; lesquels ne sont pas de nature à apaiser le climat social, selon les conférenciers.

«Si on a un nouveau cas de contamination dans une mosquée, les acteurs en tireront l'entière responsabilité... ». Ces propos ont été tenus par le ministre de la Communication, des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, qui répondait à une question après avoir fait le point du Conseil des ministres du 13 mai.

Et il n'en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s'embrasent de commentaires, qui pour les légitimer, qui pour les condamner. Est de cette dernière catégorie ceux de la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB) qui, à travers une rencontre d'échanges avec la presse, n'a pas caché sa déception.

«Ce sont des propos qui n'apaisent pas le climat social au regard du contexte actuel que nous connaissons avec la pandémie. C'est la raison pour laquelle la jeunesse musulmane interpelle le gouvernement à plus de sérieux sur la question de la cohésion sociale.

Nous sommes dans un pays où les religieux sont en harmonie et se respectent mutuellement, et il ne faudrait pas qu'à cause de la pandémie, il y ait une remise en cause de cette cohésion», a en effet expliqué El hadj Abdoul Aziz Rouamba, membre de ladite coordination qui a été créée en 2011 et a aussitôt adhéré à la faîtière des associations islamiques. Il aurait préféré que le responsable de la communication gouvernementale parle plutôt des lieux de cultes d'une manière générale au lieu de cibler une confession donnée.

Relativement à la manifestation des jeunes le 2 mai dernier au siège de la FAIB en vue de demander la réouverture des mosquées, le président de la CJMB, El hadj Hamoudou Kaboré, lui, a déclaré que cet épisode est intervenu après plusieurs démarches.

Celles-ci vont d'une rencontre informelle avec des Oulémas à Ouagadougou à la «visite» du 2 mai en passant par une rencontre informelle avec le président délégué de la faîtière sans oublier une conférence de presse tenue le 27 avril courant.

«Le but de toutes ces démarches étaient de permettre la réouverture des mosquées, surtout en ce mois béni du ramadan.

C'est dans cette dynamique que nous avons approché la Fédération afin qu'elle interpelle le gouvernement pour qu'il rouvre nos lieux de culte», a précisé Hamoudou Kaboré, qui a foncièrement rejeté les termes «manifestations» ou «marches» même s'il y a eu un dérapage compte tenu de l'effet de foule.

Dans le message qui y a été livré, il dit n'avoir pas entendu de propos diffamatoires ou injurieux. «Nous ne sommes ni des délinquants ni des voyous et encore moins des irresponsables.

Nous sommes des chefs de famille et des musulmans qui respectent le Coran, les hadiths du Prophète, leur hiérarchie et leurs dirigeants», a-t-il signifié.

Plus de: L'Observateur Paalga

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