Ile Maurice: Télémédecine - Quand clinique rime avec click

Nous nous sommes déjà familiarisés avec le shopping et, plus récemment, le travail en ligne. Désormais, la clinique en ligne entre dans notre quotidien. Il est possible de prendre rendez-vous et se faire ausculter par un médecin dans les mêmes conditions. Abler Digital Health a été lancée le vendredi 15 mai et est opérationnelle depuis. Les médecins ont déjà du pain sur la planche.

Pour se rendre à la clinique, il suffit de s'inscrire sur le site. Par la suite, le patient a le choix entre 21 médecins, généralistes et spécialistes. Cardiologues, psychologues, pédiatres, psychiatres, neurologues et même un expert en traitement des énergies positives.

Le patient prend rendez-vous selon l'heure qui lui convient sur un calendrier, se connecte à l'heure donnée et l'auscultation se fait via webcam. Si besoin est, l'ordonnance pour les médicaments est envoyée sur la boîte mail du patient. Il a aussi la possibilité de l'avoir sur son «espace patient». En cas d'urgence, le patient peut aussi obtenir une consultation dans l'instant si l'un des médecins est en ligne.

En théorie, la plateforme vise à faire gagner du temps aux médecins et aux patients, éviter les trajets et les attentes en cas de retard. Puis, il est toujours plus agréable de ne pas être dans une salle d'attente avec d'autres personnes souffrantes, surtout par temps de pandémie. Mais dans la pratique, est-ce qu'un médecin peut ausculter proprement sans contact physique ? Le Dr Yusuf Ali Rassool, qui fait partie des 21 médecins, affirme que oui. «On s'adapte. Par exemple, au lieu de palper le patient, je lui demande de toucher exactement là où je l'aurais palpé et me décrire ce qu'il a, comme il l'aurait fait dans mon cabinet. Le diagnostic est tout à fait possible.»

Faciliter la vie

Les malades qui ont peur du médecin peuvent avoir d'autres personnes qui les accompagnent virtuellement pendant la consultation : la plateforme peut accueillir jusqu'à quatre participants à la fois.

Mais les cardiologues ou les «heart surgeons» font comment? Le stéthoscope sur l'écran risque de ne pas donner de résultats fiables. Tarun Koonjul, responsable de la mise en place de la plateforme, est d'accord. Il précise même que la clinique en ligne ne vise pas à remplacer les séances d'auscultations traditionnelles. «Le but est de faciliter la vie des patients et des médecins.» Par exemple, si le patient a été ausculté, voire opéré et a besoin de voir le médecin pour le suivi médical, la plateforme peut aider. «Surtout qu'après une opération, les patients ont besoin de repos. Comme le spécialiste connaît le dossier, il peut ausculter sans problème en ligne».

Un autre avantage que met Tarun Koonjul en avant est le temps d'attente. «Parfois, le médecin prend des rendez-vous, puis il a du retard. Le patient attend. Ou encore, le patient ne vient pas. Dans les deux cas, la clinique en ligne aide. Le patient est chez lui, donc il attend dans de bonnes conditions. Et si le médecin a du temps libre, il peut l'afficher sur son profil et prendre des rendez-vous dans l'instant.» Et comme l'accès au site peut aussi se faire d'un téléphone portable, le patient peut appeler le médecin et lui demander un rendez-vous dans l'instant en cas d'urgence.

Consultation entre Rs 300 et Rs 500

Et le paiement ? Pour l'instant, la plateforme n'a pas encore mis en place un système, donc le paiement se fait directement du patient au médecin. Ou encore, le Dr Yusuf Ali Rassool explique que, pour l'instant, il travaille gratuitement. Mais à la fin du mois de mai, le paiement se fera à travers la clinique en ligne. Les médecins, eux, auront un frais à payer aussi.

Pour l'heure, plusieurs médecins n'ont pas encore finalisé leurs prix sur le site. Pour ceux qui l'affichent déjà, une consultation coûte entre Rs 300 et Rs 500.

Une présentation avait eu lieu mercredi 6 mai, via videoroom avec le Dr Suhail Chungtai, chirurgien orthopédiste (spécialiste certifié Microsoft) qui a conçu cette solution, et les représentants d'Abler Consulting. Cette initiative revient aux deux Mauriciens Shahannah Abdoolakhan et Tarun Koonjul, fondatrice et Chief Executive Officer d'Abler Consulting Ltd et responsable du projet respectivement ; ainsi qu'au Pakistanais Muhammad Ahsan Khan, Partner Abler Digital.

Ce service se fait en toute sécurité, en conformité avec la norme General Data Protection Regulation. L'outil possède un triple cryptage et les appels vidéo lors des consultations restent confidentiels.

Pour rendre le service encore plus optimal, l'entreprise compte aussi intégrer les pharmacies sur la plateforme. Et une application mobile sera bientôt lancée.

Plus de: L'Express

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