Afrique: Coronavirus - Le continent face à la pandémie le dimanche 17 mai

Débat mondial en ligne de la CEA sur les stratégies de déconfinement de l’Afrique face au COVID-19

Selon les chiffres du Centre de prévention des maladies de l'Union africaine (CDC), le continent africain comptait, ce dimanche 17 mai, 81 882 cas confirmés de Covid-19 et 2 715 décès dus à la maladie. L'Afrique du Sud est le pays le plus touché, devant l'Égypte et le Maroc.

Élections sur fond de pandémie au Bénin

Les bureaux de vote ont ouvert ce matin à Cotonou et dans le reste du pays pour le scrutin des communales. Jean-Luc Aplogan, notre correspondant, a constaté « une affluence faible » dans les bureaux qu'il a visités et que si « le port du masque a été globalement bien respecté, cela n'a pas toujours été le cas pour la distanciation sociale ».

Durant toute la campagne, qui s'est déroulée de manière virtuelle le porte à porte et les meetings ayant été interdits l'opposition avait demandé le report des élections.

Joël Atayi-Guèdègbé, président de l'ONG béninoise Nouvelle éthique et spécialiste des questions électorales estimait sur notre antenne que le risque résidait « dans le comportement des hommes » et s'interrogeait sur les formations mises en place pour respecter les règles de distanciation sociale.

Pour le moment, le Bénin a été peu touché par le Covid-19 avec 339 cas confirmés et deux décès.

Vive émotion en Algérie après le décès d'une médecin enceinte

Le directeur d'un hôpital algérien a été démis de ses fonctions dimanche après le décès des suites du Covid-19 d'une médecin de 28 ans, enceinte de huit mois, à qui il avait refusé un congé, une affaire qui a suscité une vive émotion.

À la suite du décès de la docteure Wafa Boudissa, qui pratiquait aux urgences chirurgicales, et de l'enfant qu'elle portait, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid a mis fin aux fonctions du directeur de l'hôpital de Ras el Oued (est), une sanction administrative.

En #Algerie , une médecin est décédée des suites du Covid-19 ce week-end. Elle était enceinte de 8 mois et continuait à travailler.

Selon les autorités, elle aurait contracté la maladie dans le cadre de son travail.

M. Benbouzid avait ordonné samedi 16 mai l'ouverture d'une enquête administrative pour déterminer les circonstances du décès de la Dr Boudissa, chargeant, de manière exceptionnelle, l'inspecteur général du ministère de la Santé de mener les investigations. À l'issue de l'enquête, le dossier est susceptible d'être transmis à la justice et, si une faute grave est avérée, le ou les responsables risquent d'être poursuivis pour homicide par négligence, a précisé cette source.

Le mari de la médecin décédée a exprimé sa colère dans El Watan : « Extenuée par la charge de travail et les effets de la grossesse, mon épouse qui travaillait de 8h à 20h n'a pas été épargnée. Ses trois demandes de congé maladie ont été refusées par la direction de l'hôpital qui aura la mort de ma femme sur la conscience. Je ne leur pardonnerai jamais, a-t-il affirmé au quotidien algérien. Pour justifier son refus, sa direction se cachait derrière les instructions d'en haut »

La seule guerre de l'Algerie depuis 62 est celle que mènent en première ligne les services hospitaliers avec les moyens les plus déplorables.

Son décès a provoqué un vif émoi et un tollé sur les réseaux sociaux, d'autant que la jeune médecin était prioritaire pour bénéficier d'un congé exceptionnel.

Un décret présidentiel, visant à lutter contre la propagation du Covid-19, stipule que « sont considérées comme prioritaires au titre du congé exceptionnel les femmes enceintes et les femmes élevant des enfants ainsi que les personnes atteintes de maladies chroniques et celles présentant des vulnérabilités médicales ».

Madagascar annonce un premier décès du Covid-19

Madagascar a fait état dimanche d'un premier décès d'un patient souffrant du nouveau coronavirus près de deux mois après sa première détection dans le pays.

Un gardien de parking dans un hôpital « âgé de 57 ans est décédé du Covid-19 à Toamasina (est). [...] Il est décédé hier soir », a déclaré le professeur Hanta Vololontiana, porte-parole du centre de commandement opérationnel anti-Covid-19. Il a ajouté que ce patient souffrait également de diabète et d'hypertension artérielle.

L'île de l'océan Indien, qui a signalé 304 cas jusqu'à présent, a fait la Une des journaux au sujet d'une concoction d'herbes maison qui, selon le président Andry Rajoelina, pourrait guérir les personnes touchées par le virus.

Madagascar a fourni à sa population et à plusieurs pays africains un breuvage à base d'artemisia, une plante à l'effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, en affirmant qu'il prévenait et soignait le Covid-19. Les éventuels bienfaits de cette tisane, baptisée Covid Organics, n'ont été validés par aucune étude scientifique.

Le Covid-Organics est arrivé samedi entre les mains de Muhammadu Buhari, le président nigérian. La Nafdac, l'agence chargée de contrôler les aliments et les médicaments dans le pays, va procéder à une batterie de tests pour avérer ou non de son efficacité.

L'Égypte renforce les restrictions pendant l'Aïd el-Fitr

« Tous les magasins, centres commerciaux, restaurants, lieux de divertissement, plages et parcs publics seront fermés pendant six jours, du 24 au 29 mai », a annoncé Mostafa Madbouli, le Premier ministre égyptien, lors d'une conférence de presse ce dimanche en ajoutant que les transports en commun seront interrompus et le couvre-feu sera imposé à partir de 17h (15h TU). Il a souligné que ces mesures seraient de nouveau allégées à partir du 30 mai : le couvre-feu commencera alors à 20h (18h TU) à compter de cette date.

Dimanche, la prestigieuse institution sunnite Al-Azhar a demandé aux fidèles d'effectuer leur prière chez eux. « Les gens seront priés de porter des masques dans les lieux publics fermés et fréquentés », a-t-il dit, ajoutant que les contrevenants seraient sanctionnés, sans donner plus de détails. En Égypte, pays de 100 millions d'habitants, ces chiffres sont officiellement de 11 719 cas, dont 612 décès.

Deux hommes tués après avoir violé le couvre-feu au Soudan

L'armée soudanaise a annoncé dimanche que deux hommes avaient été tués par un soldat après avoir forcé un barrage pendant le couvre-feu complet imposé par les autorités pour lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus.

« Un tuk-tuk a traversé sans s'arrêter un barrage militaire à Khartoum... à 21h (19h TU) exactement » a indiqué dans un communiqué publié ce dimanche matin le porte-parole de l'armée Amer Mohamed al-Hassan. « Un soldat a tiré sur les occupants du tuk-tuk pour avoir refusé d'obtempérer aux ordres répétés de s'arrêter », a-t-il ajouté avant de préciser que les deux hommes à bord du tuk-tuk ont été blessés et sont décédés plus tard à l'hôpital.

Selon le porte-parole militaire, le soldat qui a tiré a été arrêté. « Personne n'est au-dessus des lois [...] Nous engageons toutes les procédures juridiques nécessaires », a-t-il précisé dans son communiqué. Le Soudan a enregistré officiellement 2 289 cas de nouveau coronavirus, dont 97 décès.

Plus de: RFI

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