Congo-Kinshasa: 17 mai 1997 - Chute du régime dictatorial, «Révolution pardon»

Sur les larges de l'océan Atlantique à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville), se trouvait un navire de guerre battant pavillon sud-africain. Utenika était son nom. A bord, trois grands leaders africains : Nelson Mandela, alors Président de l'Afrique du Sud, Maréchal Mobutu Sese Seko, Président zaïrois visiblement affaibli par la maladie, et Laurent Désiré Kabila, le rebelle à la tête de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL). En réalité, on y a négocié une capitulation. Car, les troupes rebelles étaient à la porte de Kinshasa, capitale du Zaïre. Elles y pénétrèrent un certain 17 mai 1997.

C'était la liesse dans cette ville, alors siège des institutions zaïroises. Des éléments de l'AFDL, dit «Kadogos», appuyés par des troupes rwandaises étaient accueillis triomphalement par des millions de Kinoises et Kinois. Déjà la veille, un certain vendredi 16 mai 1997, le «dictateur» Mobutu, sa famille et quelques barons du régime, avaient quitté Kinshasa en catastrophe à destination de Gbadolite puis Lomé (Togo) pour les uns, et Brazzaville pour les autres.

Kabila le père dit Mzee s'était autoproclamé Président de la République depuis la ville de Lubumbashi, capitale économique. L'AFDL amena ce qu'on a appelé «Révolution pardon». Un plan triennal était élaboré pour sortir le pays du gouffre.

L'année suivante, plus précisément le 2 août 1998, une nouvelle guerre éclate. Celle-ci durera deux ans. En juillet 1999, il y a eu l'accord de cessez-le-feu de Lusaka (Zambie). Ledit accord aura eu le mérite de stopper les belligérants dans leurs limites respectives. Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) soutenu par l'Ouganda, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma) appuyé par le Rwanda et le pouvoir de Kinshasa occupaient chacun une portion du territoire national. Le Congo était divisé. Mzee avait recouru aux armées angolaise, namibienne et zimbabwéenne pour repousser les assauts des troupes rwandaise, ougandaise et burundaise.

Le 16 janvier 2001, Laurent Désiré Kabila est lâchement assassiné dans sa résidence du Palais de marbre à Kinshasa. Dix jours après, Joseph Kabila Kabange succède à son père. En ce 26 janvier 2001, le nouveau Président de la RD Congo prend une série d'engagements, notamment la libéralisation des activités des partis politiques, l'ouverture des discussions avec les multinationales et les institutions de Bretton Woods. C'est donc le retour du processus de démocratisation entamé le 24 avril 1990 par le Maréchal Mobutu.

C'est aussi le retour du facilitateur désigné par l'ONU, le Botswanais Massiré, parce que Joseph Kabila décide de relancer le dialogue. Mais, ce jeune Président de la République gère seul et s'emploie d'abord à pacifier le pays (2001-2003).

Le dialogue de Sun City (Afrique du sud) a eu le mérite de poser deux jalons. Premièrement, en politique interne on situait l'origine de la guerre de l'exclusion des acteurs politiques de la gestion de la res publica ; deuxièmement, la fin de l'intervention extérieure ; le retrait de six pays précités. Sun City signe donc le retour à la normalité.

De 2003 à 2006, c'est le partage du pouvoir au sommet de l'Etat congolais avec la fameuse formule «1+4». Autrement dit, Joseph Kabila, Chef de l'Etat, entouré de quatre Vice-présidents de la République : Jean-Pierre Bemba, Azarias Ruberwa, Abdoulaye Yerodia Ndombasi et Arthur Z'Ahidi Ngoma. Cette période de Transition aboutit aux élections libres et démocratiques de 2006.

Joseph Kabila obtient un mandat de cinq ans à la tête du pays. Il est réélu en 2011. Enfin, les scrutins combinés du 30 décembre 2018 porte au sommet de l'Etat le fils biologique et politique du Sphinx de Limete décédé, en l'occurrence, Félix Tshisekedi Tshilombo.

Ce 17 mai 2020, la fête de l'armée et de la police nationale se passe dans la méditation. Le cours de la vie change parce que Coronavirus est arrivé dans l'entre-temps.

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