Congo-Kinshasa: Un « fils » Kabila relance le dossier de l'assassinat de Mzee Kabila

C'est une sortie inattendue que les Kinois ont suivie vendredi dernier à l'émission «Bosolo na politik» diffusée sur les antennes de CongoWeb Télévision. Un « enfant » Kabila se présentant sous l'identité de Ibrahim Kabila a dénoncé avec véhémence la plainte déposée contre l'évêque Pascal Mukuna il y a quelques jours par un groupe de petits-fils de Laurent-Désiré Kabila, le président assassiné le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre. « Cette plainte ne nous concerne pas et nous ne reconnaissons pas ceux qui l'ont déposée », a-t-il déclaré.

Pour Ibrahim Kabila, la seule démarche qui vaille la peine d'être soutenue est celle de l'évêque Mukuna. Il cherche la vérité et nous aussi nous courons après cette vérité. La bonne démarche, pour atteindre cet objectif, est de porter plainte contre l'Etat congolais. Cela permettra de mener des enquêtes approfondies qui pourront éclairer la famille et l'opinion sur les circonstances de l'assassinat de Mzee.

L'homme qui réclame haut et fort sa filiation avec Laurent-Désiré Kabila a rappelé, sur insistance du présentateur de l'émission, certaines péripéties de sa vie. Il a ainsi parlé du village « paternel » à Ankoro, de ses « grands-parents » qui ne seraient autres que les parents biologiques du Président assassiné, de ses frères et sœurs tous enfants de Mzee, de sa tante de Lubumbashi qui rappelait à l'ordre tous ceux qui le soumettaient aux tracasseries etc. Bref, Ibrahim Kabila est totalement dans sa peau de fils de Mzee et il entend y rester. Aussi, décide-t-il d'élever la voix pour contester la présence en prison du colonel Eddy Kapend qu'il présente comme étant l'oncle de son père LDK et donc son grand-père.

Interrogé sur les démêlés qu'il a déjà eus avec la justice, Ibrahim Kabila a préféré les mettre sur le compte des tracasseries avant d'ajouter que le seul moyen de mettre fin au débat concernant les enfants du Président assassiné est de les soumettre tous au test ADN.

Peu après la fin de l'émission, une grande clameur était enregistrée dans la commune de Kinshasa, à la hauteur du stade du 24 Novembre. Une jeep à bord de laquelle se trouvaient des hommes en armes, a brusquement fait un tête-à-queue au taxi qui ramenait l'invité de «Bosolo na politik» à son lieu de résidence. Le choc est évité de justesse mais le taxi se retrouve bloqué. Des hommes armés sautent sur le taxi, maîtrisent Ibrahim Kabila, l'introduisent de force dans leur propre véhicule et démarrent aussitôt.

Le moment de stupeur passé, les motocyclistes qui assistent à la scène prennent la jeep en chasse. Sur le lieu de l'enlèvement ou de l'arrestation, la foule devient de plus en plus nombreuse, chacun cherchant à connaître l'identité de la victime. C'est dans la cohue générale que quelques motards de retour vont annoncer à la foule que l'invité de «Bosolo na politik» se trouvait finalement à l'IPKIN où il était entendu sur PV. On apprendra ainsi qu'il ferait l'objet d'une plainte depuis le 9 mai 2020. Transféré au Parquet de la Gombe, il sera relâché aux environs de 22h45.

Dans un mot de reconnaissance, Ibrahim Kabila a remercié le Président de la République et les « Wewa ».

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