Rwanda: L'arrestation de Félicien Kabuga suscite l'espoir chez les victimes du génocide

Tribunal - Maillet de justice

Félicien Kabuga, le principal financier présumé du génocide rwandais, a été arrêté samedi (16.05.2020) en France. Les victimes espèrent également que les autres commanditaires soient retrouvés et traduits en justice.

Félicien Kabuga est décrit comme étant un homme d'affaire très prospère. Celui-ci avait notamment été le président du comité d'initiative de la Radio télévision libre des Mille collines (RTLM) qui a propagée l'idéologie génocidaire. Il a aussi créé le Fonds de défense nationale qui a permis au gouvernement intérimaire hutu de l'époque de planifier et d'organiser le génocide des Tutsi en 1994.

"Kabuga est un des maillons dans le génocide", explique Filip Reyntjens, professeur de sciences politiques à l'université d'Anvers, en Belgique, et spécialiste du Rwanda. "Nous allons probablement vers un procès et nous allons également faire, si vous voulez, une cartographie de la structure génocidaire. Je pense que ce procès pourrait nous apporter des éclaircissements historiques", soutient Filip Reyntjens évoquant "le sommet du génocide".

Justice

L'arrestation de Félicien Kabuga, qui résidait en France sous une fausse identité, a réjoui plusieurs associations de défense des droits de l'homme et les victimes du génocide rwandais. Cependant, elles rappellent que d'autres personnes impliquées dans le génocide courent toujours.

En effet, dans le cadre de l'enquête visant à rétablir les responsabilités dans la commission du génocide de 1994, les autorités rwandaises ont émis une trentaine de mandats d'arrêt internationaux contre des génocidaires présumés qui vivent en France. C'est le cas, par exemple, d'Agathe Habyarimana, la veuve de l'ancien président Juvénal Habyarimana, ou l'ancienne ministre Hyacinthe Nsengiyumva Rakiki.

L'arrestation de Félicien Kabuga permettra de mettre la main sur les autres présumés auteurs et complices du génocide rwandais, estime, le président d'honneur de la FIDH, la Fédération internationale des droits humains. Selon Me Patrick Baudouin "cela pourrait relancer l'exécution des mandats d'arrêts internationaux qui ont été émis par la structure qui s'appelle TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda). Et puis, je crois que ça peut relancer aussi tout ce qu'on appelle le principe de compétence universelle. Il faut savoir qu'en France, par exemple, il y a actuellement 28 instructions qui sont en cours pour permettre de conclure les poursuites et de juger les responsables présumés du génocide rwandais."

Selon nos informations, Félicien Kabuga devra comparaitre dans les prochains jours devant la chambre des mises en accusation à Paris. Il sera ensuite transféré à la Haye, pour répondre de plusieurs charges, dont crimes de génocide.

Félicien Kabuga a été inculpé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour cinq infractions constitutives de génocide et deux infractions constitutives de crimes contre l'humanité. Le TPIR, dont le siège se trouvait à Arusha, en Tanzanie, a fermé ses portes depuis le 31 décembre 2015.

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