Congo-Kinshasa: Affaire Kabund - Combien coûte un Congrès ?

La présidente de l'Assemblée Nationale, Jeanine Mabunda, a porté à la connaissance des députés nationaux, le week-end dernier, la pétition articulée par leur collègue Jacques Mamba contre le Premier vice-président de cette institution, Jean-Marc Kabund.

On rappelle que dans ce document, il exige la déchéance du précité du bureau de la Chambre basse du Parlement, au motif qu'il aurait diffusé des mensonges au sujet du coût du Congrès avorté devant juger de la conformité ou non à la Constitution, de l'ordonnance présidentielle du 24 mars 2020 proclamant l'état d'urgence en République Démocratique du Congo.

Les observateurs constatent qu'au moment où Jacques Mamba et consorts réclament la tête de Kabund, c'est silence radio au sujet des propos outrageants tenus par le président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba, à l'endroit du Chef de l'Etat, Félix Antoine Tshisekedi, qu'il avait accusé d'avoir violé la Constitution dans son ordonnance portant état d'urgence en RDC.

Le fait inattendu dans ce dossier, c'est d'abord la lettre de protestation du député Mpiana Ntumba Simon contre l'usurpation de sa signature par l'auteur de la pétition, et ensuite sa plainte contre Jacques Mamba au parquet général près la Cour de Cassation pour faux et usage de faux. Il exige la suspension de tout examen de la pétition en attendant la suite de ce dossier judiciaire.

L'enjeu caché de cette pétition est en fait la volonté des députés FCC et Lamuka, unis dans une alliance contre nature, pour déstabiliser CACH. Car, la plupart des signataires se recrutent dans ces deux regroupements politiques. Si l'objectif non avoué est de fragiliser le Chef de l'Etat, que les pétitionnaires pensent sérieusement aux conséquences d'une éventuelle éclatement de la coalition FCC-CACH, actuellement au pouvoir, contre la volonté du souverain primaire. Si les députés actuels étaient appelés à retourner aux urnes dans l'hypothèse de la dissolution de l'Assemblée nationale, ont-ils la garantie de ramasser des voix à la pelle comme c'était le cas avec la compilation à double vitesse de la CENI de Corneille Nangaa ?

S'agissant du « péché mortel » mis à charge de Jean-Marc Kabund, des millions de Congolaises et Congolais exigent, avant de l'envoyer à la guillotine, que leur soient communiqués tous les chiffres des coûts des Congrès organisés, pour ne pas aller trop loin, entre 2006 et 2018. Ce tableau financier devrait permettre à chacune et à chacun d'avoir des éléments de comparaison par rapport au montant de 7 millions de dollars américains balancés par Kabund sur la place publique.

Il est important que le contribuable sache ce qu'ont coûté, au Trésor public, les « Congrès » organisés sous les mandats de Kamerhe-Kengo, Boshab-Kengo et Minaku-Kengo, pendant 12 ans. Les archives des deux chambres du Parlement peuvent être facilement consultées et fixer l'opinion nationale sur la « vérité » ou la « fausseté » du chiffre de 7 millions de dollars américains signé Kabund.

Car, le vrai débat devrait porter sur les coulisses financières des « Congrès », dont l'organisation semble relever du délit d'initié. Tant que le flou va continuer à persister au sujet de la « facture » d'un Congrès du Parlement congolais, beaucoup seraient tentés de donner raison au premier vice-président de l'Assemblée nationale, qui a pris son courage à deux mains pour dénoncer, tout haut, un fond de commerce qui a longtemps engraissé ses planificateurs. On peut dès lors comprendre la colère des bénéficiaires directs et indirects des dividendes financiers des Congrès.Kimp

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