Madagascar: Îles Glorieuses - Madagascar réplique à la France

Le ministre des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de France hier. Il lui a signifié l'opposition de Madagascar au projet de réserve naturelle nationale de la France sur les îles éparses.

Un acte de défiance. C'est ainsi que Madagascar considère le projet français d'établir une réserve naturelle nationale sur les Glorieuses. Dans une déclaration faisant suite à la « convocation » de Christophe Bouchard, ambassadeur français, au ministère des Affaires étrangères, la Grande île réplique de manière caustique aux intentions de la France.

Selon le texte lu par Djacoba Tehindrazanarivelo, ministre des Affaires étrangères, l'ambassadeur de France, est « convoqué (... ) pour lui exprimer l'opposition ferme de l'État malgache au projet du gouvernement de la République française de créer une réserve naturelle nationale sur l'archipel des Glorieuses ». Une initiative qualifiée d' « acte de défiance envers Madagascar ». D'acte « unilatéral susceptible de porter atteinte de manière directe ou indirecte au droit souverain de Madagascar sur ces îles ».

Sur sa lancée, le chef de la diplomatie renchérit que ce projet est « de nature arbitraire et non-respectueuse des négociations en cours entre les deux États ».

Les discussions sur les îles éparses ont repris en novembre, lors d'une réunion d'une commission mixte entre les deux parties, au palais d'Andafiavaratra. Le camp malgache dénonce ainsi que la France « va à l'encontre », de l'engagement pris ce jour-là, qu'est de « poursuivre le dialogue dans un esprit positif ».

Le fait que l'intention française « constitue une violation manifeste », de la résolution onusienne de décembre 1979, est aussi mis en exergue pour bétonner la réaction malgache. Cet acte demande à la France d'engager des négociations pour « la réintégration », de ces terres « séparées arbitrairement de Madagascar ».

Sursaut d'orgueil

Au regard de la scène d'hier, les relations diplomatiques entre la Grande île et l'Hexagone se crispent. À sa sortie de l'entretien avec le ministre Tehindrazanarivelo, l'ambassadeur Bouchard n'a pas pipé mot. Le comité scientifique chargé du dossier était en « backup », du chef de la diplomatie durant cet entretien. Selon les explications, le diplomate devrait rapporter l'objet de l'entretien au Quai d'Orsay. La réponse française devrait être connue d'ici quelques jours.

Une partie de l'opinion publique apprécie le sursaut d'orgueil étatique, surtout après que la France ait lancé une consultation populaire sur un projet de décret relatif à la création d'une réserve naturelle nationale sur les Glorieuses. Ceci quelques heures après que Andry Rajoelina, président de la République, ait affirmé sur France 24, le 11 juin, que Madagascar parle de « restitution », dans le dossier îles éparses.

Andry Rajoelina et son homologue français se sont convenus de rouvrir les négociations sur les « îles malgaches », en main 2019. Depuis une visite sur place en octobre, le président Emmanuel Macron martèle pourtant, son projet d'installer cette réserve naturelle sur les Glorieuses et plus largement sur l'ensemble des îles éparses. Il y a même déclaré qu'il s'agit d'« un territoire français ».

Qu'elle soit fortuite ou délibérée, la surenchère du 11 mai, tel que l'État l'estime, est visiblement, celle de trop. Pour les observateurs, le ton d'hier cadre avec la posture diplomatique de l'administration Rajoelina, ces derniers jours. Dans sa croisade pour imposer le Covid-Organics dans la liste des remèdes du coronavirus, elle a clashé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'État affirme aussi, ses soupçons vis-à-vis de l'Institut pasteur de Madagascar (IPM), fleuron du savoir-faire français en biologie. À entendre la déclaration d'hier, toutefois, Madagascar s'en tient toujours aux négociations dans le dossier îles éparses.

« Les discussions entre les deux parties devraient se poursuivre dans le cadre d'une négociation de bonne foi, constructive et mutuellement respectueuse », conclut le texte lu par le chef de la diplomatie.

Une source diplomatique confie, cependant, que la pandémie du coronavirus impacte grandement sur le dossier îles éparses. « Les négociations sur ce genre de dossier doivent se faire les yeux dans les yeux étant donné, sa complexité », explique-t-il.

La conjoncture sanitaire n'est pas en faveur de la partie malgache. Boucler ce dossier avant la fête nationale, le 26 juin, comme « promis », constituera toutefois, une prouesse historique.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.