Sénégal: Babacar Ngom, Président du CIS - «Le secteur privé doit se réinventer pour jouer sa partition dans la relance économique»

Président du Club des investisseurs sénégalais (Cis), Babacar Ngom estime que le secteur privé doit se réinventer afin de contribuer à la relance de l'économie. Il appelle également à promouvoir le «Made in Senegal», donnant l'exemple des masques localement fabriqués.

Acteur essentiel de l'animation de l'activité économique, le rôle du secteur privé national est attendu dans la relance de l'économie post Covid-19 d'autant qu'il est considéré comme l'un des fers de lance de la mise en œuvre du Plan d'actions prioritaires (Pap 2) du Pse. La crise sanitaire qui secoue le monde ne laisse guère indifférent le patronat sénégalais.

D'abord, le président du Club des investisseurs sénégalais (Cis), Babacar Ngom, dresse un tableau peu reluisant de la situation économique actuelle malmenée par la pandémie de Covid-19.

Il observe que la crise mondiale, conjuguée aux mesures sanitaires prises par le Sénégal, a tout de suite mis notre économie en danger, dans ses secteurs stratégiques.

Le transport, le tourisme, l'éducation, les Btp, la distribution des produits agro-alimentaires et d'autres secteurs similaires ont été frappés de plein fouet avec des effets négatifs immédiats sur la trésorerie des entreprises.

Cette crise, selon M. Ngom, a montré que le tissu économique du Sénégal est très fragile et qu'il faut agir vite pour relancer l'économie et éviter des faillites massives.

« Il ne faut pas oublier qu'une crise économique continue mettrait le pays en difficultés. L'activité économique pourrait redémarrer de façon graduelle de sorte à préserver la santé des acteurs », estime le président du Cis.

Ce dernier soutient que le secteur privé doit se réinventer pour contribuer à la relance de l'économie nationale.

« Nous ne pouvons pas continuer comme avant, avec un secteur privé national extrêmement faible et une économie dominée par des entreprises étrangères ; d'où la création du Cis », souligne M. Ngom. Ce club propose deux mécanismes pour réussir la reprise économique.

D'abord, apporter un grand soutien financier aux entreprises et favoriser dans tous les secteurs la reprise de l'activité, en respectant les normes sanitaires. Pour son président, il faut apprendre à vivre avec le virus, car l'on ne peut pas se permettre d'arrêter l'activité économique indéfiniment.

Ensuite, le président du Cis soutient que la relance doit permettre de relever et de consolider ce secteur privé national ; et de protéger et de renforcer les champions nationaux.

Il cite, à cet effet, l'exemple du Maroc qui a vu ses grands champions nationaux financer son plan de relance. Il considère cet acte comme le fruit d'une politique étatique volontariste d'appui à son secteur privé national.

De l'avis de Babacar Ngom, toute crise ouvre de nouvelles opportunités ; et le Sénégal doit tirer les leçons de cette situation et revoir ses priorités.

Il ajoute que notre pays a, aujourd'hui, l'obligation de développer sa sécurité alimentaire en modernisant son agriculture, valoriser et transformer ses productions locales, travailler à la substitution des importations, réduire le déficit de sa balance commerciale et assurer sa souveraineté économique.

Sur le rôle de l'Etat, le président du Cis l'appelle à organiser une relance réussie en collaboration avec le secteur privé.

A son avis, l'Etat pourrait trouver les fonds nécessaires à injecter dans l'économie pour soutenir et développer les entreprises ; ce qui permettra de sauver les emplois et d'assurer la stabilité sociale.

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