Ile Maurice: Frontliners - Accueil de star pour Smita, infirmière

Samedi 16 mai. 13 h 45. Avenue des Brigands, à Bambous. Conduite par son époux, Smita Sooreea-Cowlessur, infirmière, descend de la voiture et accourt vers son fils, Chayan, 6 ans. La scène est filmée et partagée sur Facebook, le même jour. L'infirmière de 34 ans n'avait d'yeux que pour son fils, qu'elle n'avait pas vu depuis trois semaines. Car suivant son affectation à l'hôpital ENT pour une semaine, elle a passé deux autres semaines en quarantaine à l'hôtel Tamassa, à Bel-Ombre.

Ce n'est qu'après quelques minutes que Smita, aussi connue comme Anshee, s'en est rendu compte que tout le voisinage était là, dans la rue, expressément pour l'accueillir et qui l'applaudissait chaudement. «Bravo Anshee», lui lançait-on. Des enfants tenaient des papiers en guise de pancartes avec les inscriptions «Thank you» et «Welcome back». Également présent, le président du village, John Anseline, qui a remis un trophée à la frontliner de la part du conseildu village. Un brin timide, Smita Sooreea-Cowlessur, affectée d'ordinaire à l'unité des grands brûlés à l'hôpital Victoria, à Candos, confie à l'express qu'elle a simplement fait son travail.

La trentenaire tient, toutefois, à remercier son époux, Vishal, pour son soutien et son encouragement inconditionnel. Sollicité, le principal concerné, un employé du conseil de district de Rivière-Noire, avoue avoir eu peur lorsque la maladie est arrivée à Maurice. «Une proche m'avait dit de demander à ma femme de quitter ce métier, si besoin est. Mais je n'ai pas consenti à cela. Je me suis dit que ma femme est un soldat. Elle ira à la guerre à la frontière», relate l'homme de 42 ans. D'avouer que ce n'était pas facile pour lui non plus car, depuis leur mariage,il ya 13 ans de cela (Smita Sooreea-Cowlessur compte le même nombre d'années en tant qu'infirmière), le couple ne s'est jamais séparé et est resté soudé.

Quid de saluer le bon travail accompli par une frontliner comme tant d'autres ? «C'est l'idée d'un ami, Yashvir, et de John Anseline. Ils ont dit qu'il fallait faire quelque chose. J'ai accepté, mais je n'avais pas pensé que les choses allaient évoluer de cette manière. Ma tante a fait part de l'idée au voisinage, et c'est parti de bouche à oreille», raconte Vishal Cowlessur. D'ajouter que, pour sa part, il n'a fait que planifier le retour de son fils à temps. Ce dernier se trouvait, en effet, chez sa grand-mère maternelle à Baie-du-Cap. «D'ailleurs, mon épouse voulait partir le récupérer avant de rentrer à la maison. J'ai dû la convaincre qu'on allait d'abord déposer ses affaires à la maison afin de ne pas gâcher la surprise.»

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