Guinée: Le secteur agricole, grande victime de la COVID-19

Plus de 5.000 tonnes de pommes de terre seraient ainsi en train de pourrir, faute de trouver preneur, dans les zones de Labé et Mamou. La fermeture des hôtels et restaurants en serait la cause.

La Covid-19 frappe de plein fouet la vente de produits agricoles dans les régions de Mamou et Labé. D'importantes quantités de pommes de terre récoltées sont stockées dans ces zones rurales. Comme elles ne trouvent pas d'acheteur, elles sont en train de pourrir dans les entrepôts.

"Depuis février, nous sommes en train de récolter les pommes de terre. Elles sont en train de pourrir. La commercialisation est lente. Dans le stock, il y a des pommes de terre qui ont commencé à germer", se désole Mamadou Samba Diallo, un producteur dans la préfecture de Mamou.

Les femmes, qui s'occupent de la culture des aubergines, éprouvent aussi de grandes difficultés pour transporter leurs produits vers la capitale Conakry et ceci en raison des nombreux barrages mis en place sur la route.

C'est le cas de Fatoumata Binta Diallo, agricultrice, qui déplore la lenteur des transports.

"Il nous faut trois ou quatre jours avant d'arriver à Conakry. A l'arrivée des camions, les aubergines sont pourries et on ne peut pas les commercialiser. Nous sommes vraiment affectées par cette maladie", raconte-t-elle.

"Tous les restaurants et les hôtels sont fermés"

Plus de 5.000 tonnes de pommes de terre risquent de pourrir dans les mains des producteurs. Le peu de produits qui arrivent à Conakry ne trouve pas preneur. C'est ce qu'affirme Moussa Souaré, il est "agriculteur leader", soit à la fois producteur et grossiste.

"Même si ça arrive à temps il n'y a pas de marché. Depuis que la maladie est arrivée, tous les restaurants et les hôtels sont fermés. Cela nous pose assez de problèmes. Cette année nous souffrons beaucoup, nous demandons à dieu de nous venir en aide pour que la maladie passe vite", explique Moussa Souaré.

Conscient de l'ampleur de la perte des agriculteurs, le président Alpha Condé a demandé au gouvernement d'accompagner les producteurs qui ont subi des pertes.

"Il est important et impératif d'élargir et renforcer le soutien aux populations et aux secteurs économiques sinistrés. Par exemple, nos concitoyens qui ont subi des pertes dans les filières d'anacarde, de l'ananas et des pommes de terre doivent être soutenus", a indiqué le chef de l'Etat guinéen.

La seule question qui reste posée est de savoir sur quelle base ces agriculteurs seront soutenus par les autorités guinéennes. Car la plupart de ces acteurs travaillent dans l'informel et l'anonymat.

Plus de: DW

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