Cote d'Ivoire: Axes Abidjan-Adzopé et Abidjan-Tiassalé - Vigilance accrue aux checkpoints, mais...

Autoroute du Nord, km 65. C'est à ce niveau que se trouve le checkpoint destiné à surveiller le strict respect de l'isolement du Grand Abidjan, dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. En contrôlant et en filtrant, entre autres, les voitures et tous les engins de passage.

Avec des tentes dressées de part et d'autre des tronçons de cette voie internationale qui part jusqu'au Burkina Faso, ce corridor est un important dispositif de sécurité . De loin, ce qui attire le plus, ce sont les bâches blanches qui coiffent les tentes dressées pour la circonstance.

De sorte que, toutes les voitures, surtout celles qui roulent à vive allure, sont obligées de ralentir, lorsqu'elles s'y approchent.

Puis de marquer, obligatoirement l'arrêt, une fois au corridor. De toute façon, il n'y a pas d'autres alternatives. Car, les forces de défense et de sécurité, en faction, veillent au grain, armes au point !

«Bonjour monsieur. Votre autorisation de sortie ou votre ordre de mission, ainsi que les pièces du véhicule, s'il vous plaît», demande respectueusement un agent des forces de l'ordre. Après ce contrôle, il faut se soumettre à une autre vérification, celle de la prise de température.

Cette fois-ci, c'est un agent de santé publique qui s'en occupe. Habillé d'une blouse blanche, il pointe sur la tempe le petit appareil électronique qui affiche automatiquement le degré de température des personnes contrôlées.

A ce corridor, en cette journée du jeudi 14 mai 2020, c'est une longue file de véhicules qui attendent, avant de prendre la direction, soit de Yamoussoukro, soit de Gagnoa ou des autres localités environnantes.

Chaque personne, dans chacune des voitures, est alors obligée de se soumettre à ce test de routine. «Si votre contrôle est ok, si vous disposez d'un laissez-passer, il n'y a pas de raison de vous faire attendre», explique un autre agent qui, chaque fois, fait signe aux véhicules de passer.

Le contrôle reste de mise

Autre route, celle d'Abengourou, avec un checkpoint au niveau d'Azaguié. Il se trouve à moins d'un kilomètre de l'ancien corridor.

Loin d'être impressionnant comme celui sur l'autoroute du Nord, il est assez sobre, de par sa présentation et ensuite à cause surtout du nombre des éléments des forces de sécurité qui y sont postés.

Si, au niveau de la voie de Yamoussoukro, la présence des hommes en armes est fort remarquable, ce n'est pas de même pour le checkpoint sur la route de la capitale de l'Indénié.

Mais, il n'en demeure pas moins que le contrôle reste de mise : arrêt obligatoire, lavage des mains, contrôle de documents...

Et puis prise de température. Ici, la manière de le faire est différente au checkpoint de l'autoroute du Nord. En effet, il faut descendre de la voiture, passer devant l'agent sanitaire, avant de ré-embarquer pour le voyage, si et seulement si vous êtes en règle.

En outre, ici, point de tente coiffée de bâche blanche, comme c'était le cas au niveau du checkpoint sur l'autoroute du nord.

Seuls les forces de l'ordre et le personnel de santé y ont pris place. Or, à l'autre corridor, on pouvait remarquer la présence de bien d'autres personnes, sous les bâches. Sans doute, non en règle, et donc qui attendent que leur sort soit décidé.

Pas aussi de longues files d'attente au niveau des véhicules. Ce vendredi 15 mai, au moment où notre véhicule de reportage était en train de franchir le corridor, ce sont deux ou trois voitures qui avaient subi le contrôle de routine.

Au total, à ces deux checkpoints, si les contrôles sécuritaires et les prises de température sont de rigueur, il reste que certains éléments et faits qui se passent aux alentours sont préoccupants, voire suspects !

Tenez, au poste de contrôle sur la route de Yamoussoukro, on a du mal à comprendre que de nombreuses personnes (beaucoup de jeunes notamment) rôdent autour. Ils ne subissent aucun contrôle. En plus, ils passent facilement les mailles du contrôle pour se retrouver de l'autre côté du corridor.

Par ailleurs, on a du mal à s'expliquer cette familiarité déconcertante qui s'est installée entre les forces de sécurité et ces jeunes gens !

En tout cas, à notre passage, le jeudi 14 mai, au poste de contrôle sur le tronçon Abidjan-Yamoussoukro, il nous a été donné de voir un jeune qui s'amusait, sans aucune gêne, avec un policier en arme, comme s'ils étaient quelque part, autre qu'à un poste de police. Bizarre tout de même !

Emprunter ces artères à pied

Tous aussi suspects sont ces nombreux marcheurs qu'on rencontre aussi bien sur l'autoroute du Nord que sur la route menant à Abengourou.

Pour certains, sacs de voyage sur la tête, pour d'autres, bien d'autres bagages au dos, ils n'hésitent pas à emprunter à pied ces artères pour des destinations dont ils sont les seuls à savoir. C'est aussi le cas de nombreux motocyclistes qui ont pignon sur rue, sur ces différentes voies, ces temps-ci.

Le vendredi 15 mai, alors que nous nous rendions à Adzopé, à bord de la voiture de reportage, non loin du checkpoint, on a été surpris de voir une petite moto surgir devant nous, presque de nulle part !

Sur cet engin, se trouvaient le conducteur et une dame, avec son sac de voyage, bien visible, au dos. En tout cas, pour le petit temps que nous avons eu à passer au niveau du corridor, il ne nous a pas été donné de voir passer ces passagers sur la moto.

A Yakassé-Mé, où s'arrêtent la plupart des voitures de transport en commun, en provenance d'Adzopé, nous avons cherché à savoir s'il y a une possibilité pour d'éventuels voyageurs de se rendre à Azaguié, et au-delà.

Un conducteur de moto n'a pas hésité à proposer ses services, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. « 5000 FCFa pour vous transporter jusqu'à Azaguié », propose-t-il, là où il faut débourser, habituellement, tout au plus, la somme de 1000 F, sinon moins. En plus, il affirme qu'il se chargera de négocier avec les policiers pour nous faire passer le corridor. «Je connais certains d'entre eux», prétexte-t-il.

Un autre contact dans cette même localité, joint par téléphone, assure mordicus pour sa part qu'il est, aujourd'hui, quasiment impossible de pouvoir traverser le corridor.

Son analyse, c'est que les forces de l'ordre au checkpoint ont eu vent de ce qu'il existerait pas mal de pistes empruntées par des «passeurs». De ce fait, «les gendarmes ont vite fait de tout verrouiller», poursuit-il.

Pour le reste, sur les axes Abidjan-Adzopé et Abidjan-Tiassalé, règnent quasiment en maître de gros camions de transport de marchandises.

Toute chose qui a donné des idées à certains types de véhicules (minicar) qui ont passé le cap de transport de voyageurs à celui de marchandises, comme il nous a été donné de voir entre Adzopé et Azaguié.

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