Burkina Faso: Affaire Chambre de commerce/Ferdinand Ouédraogo - La motivation est mercantile selon Mamady Sanoh

Le 13 mai dernier, la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso (CCI-BF) triomphait de ses adversaires Ferdinand Ouédraogo, Martin Sawadogo et Benjamin Balima, après une procédure en référé.

Rétablie dans ses droits, elle a, lors d'un point de presse le mardi 19 mai 2020, fait la lumière sur ce dossier qui était pendant en justice et rassuré la communauté burkinabè des affaires, les partenaires techniques et financiers et l'opinion nationale et internationale.

Pour son premier vice-président, Mamady Sanoh, la motivation de leurs adversaires était purement mercantile, et la Chambre de commerce n'avait jamais été confrontée à pareille situation.

Le feuilleton des deux Chambres de commerce a pris fin. Après deux semaines d'actions intenses et de jeux au fond, Ferdinand Ouédraogo, désormais écroué, Martin Sawadogo et Benjamin Balima ont été stoppés le 13 mai 2020 dans leur tentative de création d'une nouvelle Chambre de commerce : en effet, ces derniers, prétextant un vide juridique, que la Chambre de commerce n'a aucune assise juridique parce qu'ayant été créée par un arrêté colonial de juin 1948, en avaient, après une assemblée générale, créé une autre avec les mêmes dénomination, sigle et missions.

Ferdinand Ouédraogo a bien été sous-estimé, et ses agissements banalisés. « Au début, on n'a pas du tout tremblé ni été ébranlé. On s'est posé des questions sur son équilibre mental, et on a banalisé son acte », a indiqué le premier vice-président de la Chambre, Mamady Sanoh.

Des rencontres de sensibilisation et d'explications des fondements et du fonctionnement de la Chambre de commerce n'ont pu venir à bout de ses convictions.

Pour Me Rodrigue Bayala, Ferdinand est dans un idéal de patriotisme exacerbé, et le vide juridique qu'il évoque tant, il le crée dans son imagination.

« C'est un demandeur querellant. Ailleurs on conditionne le dépôt de leur plainte. Mais ici il n'en est rien. C'est pour ça qu'il a pu multiplier les procédures judiciaires », a expliqué Me Bayala.

Mais c'était bien avant qu'ils ne franchissent le Rubicon : mettre en place une nouvelle Chambre de commerce le 25 avril, passer à l'offensive médiatique et adresser des correspondances à l'ARCEP pour qu'on désactive les adresses électroniques de la CCI-BF. Certains avaient commencé à sombrer dans le doute.

La note est salée pour la Chambre de commerce : le préjudice qu'ils ont causé, la désinformation qui avait commencé à prendre corps. « Nous avons failli perdre un financement de plus de cinq milliards », a précisé Issaka Kargougou, directeur général de la Chambre de commerce.

Il fallait bien agir dans l'urgence pour stopper Ferdinand Ouédraogo. Et en la matière, c'est un jugement en référé.

« Nous avons saisi le juge des référés qui statue en urgence pour qu'on lui ordonne de cesser immédiatement ses agissements », a indiqué un du collectif d'avocats qui assiste la CCI-BF, Me Rodrigue Bayala.

L'action judiciaire a fait ses effets : le 13 mai, le verdict du jugement en référé ordonne à Ferdinand Ouédraogo, Martin Sawadogo et Benjamin Balima de cesser immédiatement d'utiliser la dénomination Chambre de commerce et d'industrie du Burkina, la suppression de tout message sur Facebook où cette dénomination apparaît, de publier le dispositif de la présente décision dans tous les quotidiens paraissant au Burkina ainsi que sur la page Facebook, à payer à la demanderesse la somme d'un million au titre des frais exposés, etc.

Les raisons qui ont pesé en faveur de cette décision de justice sont de deux ordres : le premier soutient que la Chambre de commerce est une institution de la République ; le second est que la dénomination Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso fait déjà l'objet d'une protection à l'OAPI.

Après coup le premier vice-président de la Chambre de commerce, Mamady Sanoh, a soutenu qu'Il n'y a rien de comparable qui ait pu arriver à la Chambre de commerce avant cela. Pour lui la motivation réelle de Ferdinand Ouédraogo est purement mercantile.

« Il cherchait un business à la Chambre de commerce. Il ne l'a pas eu et tout est parti par la suite à la dérive : des procédures judiciaires contre la Maison de l'entreprise, le ministère de l'Environnement, le patronat, les juges... », a-t-il expliqué.

Après ce premier jugement dont l'issue a été favorable à l'institution, Me Bayala a dit qu'il y a d'autres procédures contre Ferdinand Ouédraogo pour diffamation, déclarations mensongères... Au cours de cette rencontre, il se susurrait que le principal mis en cause, Ferdinand, est écroué.

Plus de: L'Observateur Paalga

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