Maroc: La vigilance des autorités est montée d'un cran - Inquiétude à travers le monde

20 nouveaux cas de Covid-19 ce mardi 19 mai à 10h, portant le cumul à 6.972 cas enregistrés

Arrivera-t-on un jour à se débarrasser de ce fichu Coronavirus ? C'est certainement l'interrogation qui hante les nuits des pays ayant entamé leur déconfinement avant de penser à faire marche arrière. C'est le cas notamment en France où, selon l'AFP, plusieurs écoles ont dû fermer leurs portes après des cas de contamination. Au total, plus d'une cinquantaine d'établissements, sur les 40.000 qui ont rouvert depuis le déconfinement. Pis, dans l'Empire du Milieu, là où tout a commencé, le gouvernement a décidé de reconfiner 108 millions de personnes après de nouveaux cas de Covid-19 recensés dans la province de Jilin, au nord-est de la Chine.

La tournure des évènements conforte le gouvernement marocain dans les dernières décisions prises. A commencer par le prolongement du confinement. Décision à laquelle adhèrent 86% des ménages, selon une enquête menée par le Haut-commissariat au plan (HCP). Même s'il faut souligner que si 86% des ménages avaient respecté un strict confinement, l'épidémie aurait décliné et le prolongement du confinement jusqu'au 10 juin aurait été un simple cauchemar. Malheureusement, le cauchemar est devenu réalité. L'irresponsabilité de certains citoyens et autres industriels mettent le Maroc encore plus dans la panacée ne serait-ce que du point de vue économique. Sans oublier bien évidemment les nombreuses répercussions psychologiques. «J'ai décidé de consulter un psychologue après le confinement », nous confie une étudiante confinée en colocation, à des centaines de kilomètres de sa famille.

Quoi qu'il en soit, que l'on soit pour ou contre, le confinement pour trois semaines supplémentaires est désormais acté. Et d'après nos premières impressions, la vigilance des autorités est montée d'un cran. La mansuétude a laissé place à des contrôles draconiens. « Les autorités ont serré la vice », nous fait remarquer un employé dans le secteur médical. « Il m'a fallu une heure et demie pour accéder à Salé via Rabat à cause d'un barrage de police », poursuit-il. Ainsi donc, contrairement à il y a quelques semaines, lorsque toutes les voitures n'étaient pas systématiquement contrôlées, aujourd'hui les autorités contrôlent les autorisations des automobilistes une par une. Et si votre motif n'est pas urgent, voyager entre Casablanca et Rabat s'avère désormais quasiment impossible. La question qui s'impose est pourquoi ce degré de vigilance n'a pas été la norme depuis le début du confinement ? Difficile d'y répondre.

Une chose est sûre, le Maroc s'avance doucement mais sûrement vers un déconfinement à la carte. Avec pour dessein principal éviter les contaminations interrégionales. D'autant que plusieurs provinces aux quatre coins du Royaume sont indemnes de cas ou qu'aucun cas n'y a été récemment détecté et les cas confirmés sont guéris. Soit à l'opposé de la situation de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi et Rabat-Salé-Kénitra. Donc, hormis ces trois grandes régions, il y a de fortes chances que le déconfinement soit appliqué ailleurs. Mais le défi est de taille. Car il va falloir isoler les trois grandes provinces précitées pour éviter une seconde vague de propagation de l'épidémie. Et pour cause, le ministère de la Santé a annoncé 20 nouveaux cas de Covid-19 ce mardi 19 mai à 10h, portant le cumul à 6.972 cas enregistrés dans le pays, dont la majorité a été recensée dans lesdites régions et notamment les grandes métropoles. Rien d'anormal. Et on pourrait croire que le peu de cas recensés dans la nuit de lundi à mardi est révélateur d'un recul de l'épidémie. Pas forcément faux, mais cela ne tient qu'au comportement et à la responsabilité des citoyennes et des citoyens. Bref, l'avenir est entre nos mains.

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