Sénégal: Contraception d'urgence - Quand les jeunes squattent les pharmacies !

La pilule du lendemain, on peut se la procurer dans les officines privées sans ordonnance. Et quand on regarde le registre des clients, on voit que les jeunes arrivent en tête, même s'il s'agit d'une clientèle diversifiée. Jeunes filles, femmes adultes et même des hommes passent devant le comptoir.

En service à la pharmacie de Patte d'Oie, le docteur Moussa Ndiaye (nom d'emprunt) souligne : « Personnellement, je ne recommande pas les pilules de lendemain aux clients. Mais s'ils en demandent, je les sers.

C'est un médicament qui peut être vendu sans ordonnance». Même son de cloche à la pharmacie Cap-Vert où Dr Assane Mboup est formel : «Tout le monde vient en acheter. Mais la jeunesse est plus demandeuse, surtout les garçons.

Les filles ont peutêtre honte de venir, compte tenu des critiques qui peuvent être proférées à leur encontre, notamment quand il y a d'autres clients au comptoir».

Et de poursuivre : «La vente est à un niveau assez important. Sauf en période de Carême et de Ramadan où les prescriptions religieuses freinent la pratique sexuelle». Plusieurs types de «pilules du lendemain» existent, assure-t-il, dont celle «pour 48 heures après les rapports et voir plus.

Les clients demandent plus le Norlevo qui est commercialisé sur le marché pharmaceutique. Les prix diffèrent. En fonction du budget du client, nous pouvons par exemple donner quelques recommandations». Mais la tâche des pharmaciens ne se limite pas à juste servir les clients.

A la pharmacie Guigon, un agent confie : «Il arrive que je donne des conseils à des clients pour leur indiquer de prendre une pilule du lendemain. Vous savez, c'est lamentable d'apprendre qu'une jeune fille est morte dans une tentative d'avortement.

Je n'encourage pas le rapport sexuel avant le mariage, mais force est de constater que même des femmes mariées viennent se procurer des pilules du lendemain. Cette méthode de contraception a permis d'éviter beaucoup de grossesses non désirées».

La sensibilisation reste cependant à élargir encore. Notamment, dans les régions de l'intérieur où les populations sont souvent exposées à des grossesses non désirées qui, au-delà de l'opprobre social, conduisent aussi à des mariages forcés.

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.