Afrique: Le gouvernement français adopte le projet de loi entérinant la fin du franc CFA

© RFI/Pierre René-Worms
Un billet de 10 000 franc CFA de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO)(Image d'illustration).

Le gouvernement français a adopté le projet de loi entérinant la fin du franc CFA ce mercredi en Conseil des ministres. Ce projet de loi découle de l'accord conclu fin décembre par Paris et les États de l'Union monétaire ouest-africaine. Il acte la transformation du franc CFA, qui deviendra l'Eco en maintenant la parité fixe avec l'Euro ainsi que la fin de la centralisation des réserves africaines de change auprès du Trésor français.

Il était né par décret le 25 décembre 1945, il est mort, au moins symboliquement, par une loi le 20 mai 2020. Le Franc CFA d'Afrique de l'Ouest sera remplacé à terme par l'Eco, la monnaie commune aux pays de la Cédéao. Mais on ne sait pas encore à quelle date exactement.

Le texte entérine l'accord de coopération signé le 21 décembre dernier à Abidjan par le président français Emmanuel Macron et les gouvernements des Etats de l'UMOA, l'Union monétaire ouest africaine. « Cette fin symbolique devait s'inscrire dans un renouvellement de la relation entre la France et l'Afrique et écrire une nouvelle page de notre histoire », a déclaré la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye. La France retire ses représentants des instances de gouvernance monétaire comme la BCEAO et n'exige plus le dépôt de la moitié des réserves de change de la BCEAO à Paris.

Une monnaie toujours arrimée à l'Euro

En février dernier le Nigéria avait notamment demandé un report du lancement de l'Eco. En attendant, la monnaie en circulation dans l'espace UEMOA ne change pas dans son principe. Elle reste arrimée à l'Euro. Ce qui change c'est le rôle de Paris.

Au sein des instances monétaires ouest-africaine, notamment de la BCEAO, la France n'a plus de représentants, et sera seulement informée des décisions prises par les Etats de l'UMOA. Car Paris continue de garantir la monnaie ouest-africaine, ce qu'elle présente comme une assurance tous-risques en cas de grave crise monétaire.

Un point qui rassure les milieux d'affaires mais qui agace les partisans d'une rutpure totale et d'une émancipation monétaire complète. La fin d'un symbole ne signifie pas la fin de la relation spéciale que Paris souhaite préserver avec ses partenaires africains.

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