Libye: Quelles conséquences auront les derniers revers de Khalifa Haftar ?

En Libye, depuis le lancement de l'opération « Tempête de la paix » début avril, les forces du gouvernement d'Union nationale, dirigées par Fayez al Sarraj, mènent la vie dure à leur adversaire Khalifa Haftar.

Les analystes proches du camp de Fayez al Sarraj s'accordent à dire que les forces de Khalifa Haftar, en se retirant de la base stratégique d'al-Witya et en se redéployant à Tripoli, ont déjà perdu la bataille militaire en Libye.

Mais la situation dans ce pays semble beaucoup plus complexe. La scène militaire libyenne est mouvante, tout comme les alliances internes et celles avec l'étranger. Les pays qui y sont directement impliqués sont nombreux, leurs intérêts sont souvent contradictoires.

Depuis 2011, les différents lieux stratégiques du pays sont passés d'une main à l'autre à de multiples reprises, sans qu'une personnalité ou qu'un courant politique ne s'impose vraiment sur ce pays qui reste profondément divisé. « Nous sommes dans un nouveau tournant qui montre que la guerre va s'intensifier, s'élargir et s'approfondir », a mis en garde ce mardi Stéphanie Williams, l'envoyée spéciale par intérim de l'ONU en Libye.

Avec l'intensification des combats, les appels internationaux à une trêve et à une reprise du dialogue politique se sont aussi multipliés. Le groupe de contact africain pour la Libye a fait de même dans un communiqué à la fin de sa réunion ce mardi 20 mai.

Pourtant, sur le terrain, le dialogue des armes n'a pas cessé.

Les chefs militaires de Tripoli visent maintenant la ville de Tarhouna, située à quelque 90 km de la capitale, et qui forme une base arrière aux forces de Khalifa Haftar et une porte d'entrée pour les munitions. Selon Tripoli, cette ville a été bombardée par des mortiers. Elle a aussi été visée par cinq frappes aériennes ce mardi.

Un chef local de l'armée nationale libyenne a fait savoir qu'un fort déploiement de forces du GNA se tenait aux portes de la ville encerclée. Forts de leurs dernières avancées, certains chefs du GNA affirment que le croissant pétrolier, aux mains de Khalifa Haftar depuis 2017, est l'un de leur prochain but.

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