Rwanda: Courte audience au tribunal de Paris pour Félicien Kabuga, suspecté de génocide

Très courte audience ce mercredi à la cour d'appel de Paris pour Félicien Kabuga, considéré comme le « financier » du génocide au Rwanda. Il a été arrêté il y a quelques jours en France, après 26 ans de cavale.

La cour doit se prononcer sur son transfert à la justice internationale, afin qu'il soit jugé pour génocide et crime contre l'humanité. Ses avocats ont annoncé qu'ils s'opposaient au transfert et que leur client veut être jugé en France. À leur demande, l'examen de l'affaire a été repoussé d'une semaine.

C'est sur une chaise roulante, poussée par une escorte de gendarmerie armée, que Félicien Kabuga fait son entrée dans la salle d'audience.

Jean, pull sombre, et masque sur le visage. Il confirme son identité, d'une voix rauque, fatiguée et en kinyarwanda. Il indique être âgé de 87 ans et non 84 comme mentionné dans son mandat d'arrêt.

Puis Félicien Kabuga écoute impassible la liste des chefs d'inculpation retenus contre lui. « Je souhaite rappeler que Monsieur Kabuga a des droits » et qu'il est « présumé innocent » lance ensuite Me Laurent Bayon l'un de ses avocats.

Ce dernier juge « inadmissible » que dans le communiqué du parquet annonçant son arrestation, on l'ait présenté « comme un des principaux génocidaires rwandais » alors « que son procès n'a pas eu lieu ».

Félicien Kabuga « veut être jugé en France », poursuit l'avocat. Annonçant ainsi qu'il s'opposera à son transfert devant le Mécanisme, cet organe de justice international, crée en 2010.

L'avocat accuse le parquet général de « se précipiter pour se débarrasser de son client », « et le voir juger ailleurs, surtout pas en France ». Il demande enfin un report de l'audience de 8 jours, qui lui est accordé.

L'avocate générale rgir rapidement afin de réduire « au maximum les délais de détention » de l'octogénaire, qui quitte finalement la salle d'audience, toujours aidé de son escorte, mais main et poings levés, et sous les encouragements nourris de quelques proches, dont plusieurs de ses 11 enfants.

Plus de: RFI

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