Afrique: COVID-19 - L'agonie des compagnies aériennes africaines

Avion - Illustration

Avec la crise du coronavirus, tous les pays africains ont sanctuarisé leurs territoires. Toutes les compagnies aériennes du continent sont clouées au sol, avec le risque de cesser leur activité.

Si la plupart des compagnies aériennes africaines ont été en sursis avant l'arrivée de la Covid-9, leurs avions sont désormais cloués au sol, avec peu d'espoir de reprendre leur vol. En cause , le coronavirus. Devenus des gouffres financiers pour leurs pays, plusieurs compagnies aériennes africaines sont appelées à disparaître, pour laisser place à un vide, ou à des nouvelles compagnies, ou pour se restructurer lorsqu'elles n'accusent pas des pertes abyssales, remontant sur plusieurs années. La Crise sanitaire liée à la Covid-19 a poussé tous les pays africains à fermer leurs aéroports et à immobiliser leur flotte aérienne.

Sans la moindre rentrée financière, en situation d'insolvabilité et sans le soutien de leurs Etats, certaines compagnies aériennes africaines sont condamnées à disparaître d'ici la fin du mois de juin, déplore le sécrétaire général de l'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), Abderahmane Berthé. Avant la crise, les 45 compagnies africaines regroupées au sein de l'AFRAA représentaient 85% du trafic interafricain avec 93 millions de passagers par an. Il estime entre 2,5 et 3 milliards d'euros d'aides financières, ou d'allègements de taxes et charges, pour sauver les compagnies africaines menacées par la pandémie du coronavirus.

Selon une étude de l'Association internationale du transport aérien (IATA), le manque à gagner des compagnies aériennes durant la période de la Covid-19 s'élèveraient à plus de 250 milliards de dollars, soit 30% de leur chiffre d'affaires global annuel. L'IATA estime la baisse du chiffre d'affaires des compagnies aériennes à 314 milliards de dollars, soit une chute de 55% par rapport aux revenus de 2019. Selon cette organisation, 25 millions d'emplois dans le secteur de l'aviation et des activités associées sont menacées dans le monde. Outre les compagnies aériennes, les constructeurs aéronautiques Airbus et Boeing ont également été frappés de plein fouet par cette crise.

C'est le cas de la South African Airways (SAA), devenue un gouffre financier. La compagnie sud-africaine accuse plus d'un milliard de dollars de perte. On ne peut plus redresser la SAA. Même la première compagnie aérienne africaine, Ethiopian Airlines n'est pas sûre de survie. Sa perte est au-dessus de 500 millions de dollars depuis janvier 2020. La Royal Air Maroc (RAM) et le gouvernement marocain souhaitent conclure un accord pour sauver la compagnie aérienne nationale. Elle enregistre des pertes de plus de 50 millions de dirhams par jour. L'Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) a annoncé sa disposition à consentir à une baisse de 45% des salaires des pilotes pendant 5 ans, le temps que la compagnie dépasse la crise.

La Compagnie privée Camair-Co, au Cameroun, a mis au chômage technique la majorité de son personnel. Elle compte sur un soutien de l'Etat. C'est le cas aussi d'Air Algérie qui risque de faire faillite. Ses 56 avions sont immobilisés. Les compagnies Kenya Airways, Air Mauritius, RwandAir ou encore Air Senegal sont logées à la même enseigne. Toutes ont vu leur trésorerie affectée par la pandémie du coronavirus. L'IATA invite les Etats à mettre la main au porte-monnaie pour sauver du naufrage les compagnies aériennes agonisantes. Le directeur général de l'IATA, Alexandre Juniac, estime à environ 56 milliards de dollars la part du transport aérien dans l'économie africaine, six millions d'emplois et une contribution à hauteur de 2,6% du PIB du continent.

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