Cameroun: Que chacun s'implique

On pourrait titrer : « Paul Biya et l'exhortation du 19 mai 2020». Dans un ton débarrassé de tout alarmisme mais totalement en phase avec l'ampleur de la situation actuelle, le président de la République, s'est présenté mardi soir à ses concitoyens en véritable « père de la nation ».

Bien au fait de la situation épidémiologique, Paul Biya rappelle que la maladie n'a pas encore commencé à marquer le pas. Bien au contraire, fait-il savoir, « le nombre de personnes infectées augmente de jour en jour, apportant la preuve que la lutte contre cette pandémie est complexe et difficile ». Les chiffres officiels à date (3 733 cas, 1 992 cas actifs, 1 595 guéris et 146 décès) expliquent à suffire la sortie du chef de l'Etat. Malgré un taux de guérison visiblement encourageant, les chiffres de contamination s'envolent. Pour la combattre, le gouvernement ne peut y arriver tout seul. Le salut doit venir de la cohésion et de l'implication personnelle de tous. La recommandation présidentielle intervient au moment où cette pandémie est dans sa pleine phase de contamination communautaire.

Plus grave, les mesures d'assouplissement décidées par le chef de l'Etat pour atténuer l'impact du Covid-19 sur les entreprises et les ménages les plus vulnérables ont conduit à une sorte de relâchement et de désinvolture. Et Paul Biya de rappeler : « Il va de soi que ces assouplissements ne nous dispensent pas d'observer les « mesures barrières » visant à limiter la propagation de la pandémie, et en particulier le port du masque dans l'espace public ainsi que l'interdiction des rassemblements ».

Depuis l'apparition du premier dans notre pays, Paul Biya s'est mué en chef de guerre et a lancé la bataille contre le Covid-19. Il a défini les stratégies de riposte contre l'ennemi et réparti les rôles. Il était donc opportun et nécessaire que la parole présidentielle intervienne pour remobiliser les citoyens et conscientiser ceux qui sont tombés dans l'insouciance ou tentés par une posture héroïquement dangereuse. Non, le virus vit désormais avec nous. Il est permanent et immanent. Il ne pourra être vaincu que par la somme des combats individuels consentis. L'exhortation présidentielle intervient également à quelques jours de la date annoncée pour la reprise probable des cours pour les élèves des classes d'examen de l'enseignement primaire et secondaire et ceux des universités, des grandes écoles et des centres de formation professionnelle.

Mais cette reprise ne sera possible que si nous continuons de respecter les mesures gouvernementales édictées et si la propagation du virus a commencé à ralentir. Le président de la République en appelle donc à la responsabilité et au civisme de chacun. Le port du masque par exemple ne doit pas être pas arboré au cou ou sur le menton, gardé dans le sac à main, ou ajusté pendant quelques minutes juste pour passer les barrières de contrôle ou pour accéder à un service. Il doit être porté dans l'espace public pour assurer notre propre protection et celle des autres. D'ailleurs, le chef de l'Etat prévient : « Le port du masque dans l'espace public restera obligatoire jusqu'à nouvel ordre ».

En clair, dans cette communication de crise, le président de la République invite chacun à être investi de cette mission de combat dans l'optique de remporter la victoire finale car « chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N'oublions pas que la négligence d'une seule personne peut nuire gravement à l'ensemble de la communauté. Ne baissons donc pas la garde ». On l'aura vu, Paul Biya, au regard de la situation épidémiologique, veut éviter à son pays un cataclysme sanitaire. D'autant que cette imprédictible maladie, venue balayer toutes nos certitudes et nos projections, n'a pas encore dévoilé toutes ses capacités de nuisance. On ne sait non plus savoir combien de temps va durer cette terrible épreuve, ni dans quel état elle nous laissera. La veille doit être donc permanente.

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.