Tunisie: Les clubs tunisiens de nouveau attaqués pour impayés - Dans le collimateur de la FIFA !

On ne compte plus les plaintes déposées contre nos clubs auprès de l'Instance internationale de football. La dernière plainte en date a été déposée contre l'Avenir Sportif de Gabès, interdit de recrutement pour les trois prochains mercatos.

Pour la somme insignifiante de 70 000 dinars (montant du transfert), l'Avenir Sportif de Gabès vient d'être sanctionné par la Fifa, l'interdisant de recrutement lors des trois prochains mercatos. Le plaignant n'est autre que Dramé Michailou, encore un ancien joueur étranger obligé de se plaindre auprès de la Fifa pour réclamer son dû. Dans le monde du football professionnel, la somme de 70 000 dinars est insignifiante et le club de Gabès, avec une gestion rigoureuse, aurait pu éviter une telle escalade juridique et une sanction aussi lourde de conséquences. Outre les conséquences sur la qualité de l'effectif à cause de l'interdiction de recrutement, c'est la réputation du club qui a pris un sacré coup.

Mais le pire dans l'histoire est que l'Avenir de Gabès n'est pas le premier club tunisien à connaître des démêlés juridiques pour cause d'impayés. Depuis un peu plus de trois ans, on ne compte plus les affaires portées devant la Commission des litiges de la Fifa par des entraîneurs et des joueurs étrangers contre leurs anciens clubs tunisiens.

La première équipe tunisienne à avoir été sanctionnée par la Commission des litiges de la Fifa a été le CSS en janvier 2017, et pour cause , le club de la capitale du Sud devait 100.000 dollars à Junior Ajayi, 250.000 dollars à Kingsley Sokary, 332.000 euros à Sentamo et 410.000 euros à son ancien entraîneur Paulo Duarte.

En septembre de la même année, l'ESS a été interpellée à son tour par l'Instance internationale de football. Le club sahélien devait 1,1 million de dollars à un ancien joueur, le Brésilien Leopoldo Roberto Markowsky, sous peine de perdre trois points au classement.

Leçon non retenue

Interdit de recrutement interne et externe en janvier 2017, le CSS a retenu la leçon. Ce n'est malheureusement pas le cas de l'ESS dont les démêlés avec la Fifa n'en finissent pas. Le club de Sousse est dans le collimateur de l'Instance internationale de football pour deux affaires de transfert. Le bureau de Ridha Charfeddine n'a pas payé son dû à Al-Ahly du Caire dans le cadre du transfert de Souleymane Coulibaly pour un montant de 1,4 million de dollars. Le club algérien Nasr Hussein Day, lui, réclame le montant de 300 mille euros pour le transfert de Radouane Zardoum, sans compter la prime de formation.

Quant au Club Africain, on ne compte plus les affaires à son encontre portées devant la Fifa. Le Club de Bab Jedid, sanctionné au début de la saison en se voyant soustraire six points du classement, ne passe pas un jour sans qu'il ne plonge dans une nouvelle affaire portée devant la Fifa.

Des dettes qui s'élèvent à 13 millions de dinars et les dossiers sont si nombreux et s'enchainent à un rythme assez soutenu qu'il est clair que certains dirigeants, notamment Slim Riahi, ont fait plus de mal que de bien au club.

Aux dernières nouvelles, Mokhtar Belkhiter menace de porter lui aussi plainte contre le CA pour cause d'impayés. Encore un conflit assourdissant qui se profile à l'horizon.

Gabegie financière et juridique

Bon nombre de nos clubs vivent au-dessus de leurs moyens, ce qui leur a coûté cher. Qu'il s'agisse des grosses cylindrées du championnat ou d' équipes de deuxième moitié du tableau, il est clair que les présidents des clubs tunisiens qui ont connu des démêlés avec la Fifa pour cause d'impayés ne connaissent rien à la gestion financière. Outre le fait qu'ils ne s'entourent pas de juristes spécialisés dans les transferts des footballeurs professionnels.

Des présidents qui signent pour des contrats colossaux sans tenir compte des capacités réelles de leurs clubs. Au bout d'un certain temps, ils se trouvent dans l'incapacité d'honorer leurs engagements financiers.

C'est aussi une question d'ignorance de la loi. Dans bon nombre de cas, nos clubs sont poursuivis pour cause de licenciement abusif d'entraîneur. Des techniciens étrangers avisés qui refusent de quitter la Tunisie après avoir été mis à la porte par leurs employeurs, n'hésitant pas à se présenter aux entraînements pour marquer leur présence, accompagnés d'huissiers notaires pour éviter de se mettre dans leur tort. Des entraîneurs qui s'acharnent à percevoir la totalité de la valeur de leurs contrats et n'hésitent pas à porter plainte auprès de l'Instance internationale de football quand ils ne trouvent pas une issue à l'amiable. Ils finissent par obtenir gain de cause, car ils sont professionnels et connaissent bien leurs droits.

Ce n'est malheureusement pas le cas de bon nombre de nos dirigeants sportifs qui continuent à gérer les affaires d'un football professionnel avec une attitude d'amateurs. Une gabegie financière et juridique qui leur coûte des millions de dinars .

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