Sénégal: COVID - 19 - Le calvaire de passagers d'Air Sénégal

Les passagers d'Air Sénégal qui ont atterri hier, jeudi 21 mai, à l'aéroport international Blaise Diagne, en provenance de Paris, n'oublieront pas de sitôt leur vol.

Non pas parce que le service a été désagréable ou encore que le pilote n'a pas été à la hauteur ; loin de là ! La zone de turbulence n'a pas été dans les airs, elle s'est produite sur terre. Leur calvaire a démarré après le passage de la douane.

Arrivés à 14 heures passées, ils ont dû attendre presque 6 heures avant de se faire acheminer dans un bus, avec leurs bagages ne pouvant se contenir dans les soutes, en direction... de Saly-Portudal. «C'est une véritable catastrophe !

Nous sommes arrivés depuis 14 h 30, il est 19 heures, nous n'avons aucun interlocuteur, sinon, dix pauvres policiers qui ne savent pas quoi dire, ni quoi faire de nous. Ils refusent juste qu'on quitte l'aéroport ; mais ça risque de dégénérer parce que les gens en ont ras-le-bol», confie une source.

Et d'ajouter : «nous sommes parqués comme des parias, comme des chiens. Certains sont assis sur le tapis bagages parce qu'il n'y a même pas assez de chaises».

«Le comble, est qu'il y a des femmes avec des bébés et cinq personnes à mobilité réduite qui sont sur des fauteuils roulants.

Il n'y a même pas d'eau, alors que certains ont quand-même jeûné. Tout ça risque de finir par une émeute», alerte-t-il. Un autre passager témoigne : «nous devrions quitter Paris à 7h 45. On nous a informés que le vol est retardé de deux heures.

Finalement, c'est à 11 heures que nous avons décollé. Inutile donc de vous dire que nous sommes exténués. On nous avait pourtant dit qu'on devrait être confinés chez nous. Mais là, il n'y a aucun membre du ministère de la Santé pour nous parler. On n'a personne comme interlocuteur.

Pour passer le test, c'était une bagarre terrible. Les nerfs étaient tendus». Sud Quotidien, mis au courant de cette situation, a tenté d'entrer en contact avec le ministre de la Santé et de l'Action sociale.

Son téléphone sonne dans le vide. Mais, suite à un SMS que nous lui avons envoyé, il a fait intervenir une de ses chargés de communication, histoire de savoir d'abord les tenants et les aboutissements. Paradoxalement, le département de la Santé semblait ne pas être au courant.

REFUS DE QUITTER L'AEROPORT

Les services du ministère de la Santé vont par la suite entrer en jeu. Une équipe sera déployée à l'aéroport pour acheminer les passagers dans un hôtel à Saly-Portudal. Il est 20 heures passées. Une source du ministère confie : «nous les avons acheminés à l'aéroport. Ils ont tous été testés.

Demain (aujourd'hui, Ndlr), nous disposerons des résultats. Ceux qui sont déclarés positifs seront acheminés dans les hôpitaux. Les autres auront le droit de rentrer chez eux». Sauf que les services d'Abdoulaye Diouf Sarr ont été confrontés à un autre problème.

Il s'agit de passagers qui ont refusé de monter dans les bus pour se rendre à Saly-Portudal, préférant se faire confiner chez eux. Une requête à laquelle le département de la Santé a opposé une fin de non-recevoir.

Plus de: Sud Quotidien

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