Sénégal: La bonne gouvernance démembre le Club des investisseurs sénégalais

La motion de soutien portée par le président du Club des investisseurs sénégalais (Cis) Babacar Ngom, en faveur de Akilee dans son différend avec la Société sénégalaise de distribution d'énergie électrique (Senelec) et qui n'est pas la bienvenue au sein de la structure, continue de la démembrer.

En effet, à la suite la publication du soutien de Babaca rNgom, par ailleurs patron du groupe Sedima, les membres du Cis se bousculent à la sortie de la structure.

Porté sur les fonts baptismaux en juin 2018, le Club des investisseurs sénégalais vole en éclats et agonise. Victime collatéral de l'Affaire Akilee, le Cis pourra -il se relever ? Rien n'est moins sûr.

Des indiscrétions faites au journal de l'économie sénégalaise renseignent que la structure pilotée par Babacar Ngom serait entrain de vivre ses derniers instants. Comment en est on arrivé là ? Il faudrait alors remonter dés la naissance de ce Club pour mieux comprendre les dessous.

Si la mission du Cis est louable, promouvoir, à travers l'investissement dans les projets structurants, le développement d'un secteur privé fort et le rayonnement de l'économie sénégalaise, il faut dire que d'autres raisons inavouées auraient présidées à son avènement.

En effet, on était à quelques mois du groupe consultatif de Paris et l'Etat était à la recherche de financement du Plan d'actions prioritaires 2019-2023 estimé à 14098 milliards de FCFA et dont le gap de financement et dont le gap à rechercher est de 4684 milliards dont 1834 pour le secteur privé.

Il fallait par conséquent, que nos hommes d'affaires sénégalais se mettent ensemble pour prendre leur part du « butin » sous le motif de la « préférence nationale ».

Et on se rappelle de l'annonce phare de Babacar Ngom devant le président Mcky sall , que son organisation allait investir 1200 milliards de FCFA dans les cinq années à venir.

Cet annonce coupe l'herbe sous les pieds du gouvernement ainsi que du secteur privé traditionnel et met l'Etat devant ses responsabilités. Qu'a investi le Cis à la date d'aujourd'hui ?

Autre grief relevé contre le Cis, ce serait la volonté de fragiliser les deux organisations patronales que sont le CNP et le CNES.

Moins de deux ans après sa naissance, le Cis est aujourd'hui frappé par une vague de démissions après son soutien à Akilée. Un soutien qui n'a pas été discuté dans aucune des instances de la Cis.

Après Abderrahmane Ndiaye patron de Sagam et de Elton, Thiaba Camara Sy ancienne directrice générale du Cabinet d'Audit deloitte Sénégal, Khadim Kébé de Focus SA c'est le patron du Groupe avenir communication (Gac), Madiambal Diagne et l'ancien ministre des finances Amadou Kane qui viennent allonger la liste du nombre d'investisseurs qui ont quitté le Club depuis le début de cette affaire.

« Il était hier l'un des derniers membres à claquer la porte du Club des investisseurs sénégalais (Cis) », indique Lequotidien dans son édition de mercredi dernier.

Le journal rapporte dans la foulée que Madiambal Diagne a justifié son départ de cette structure patronale par son opposition à la «censure que le président Babacar Ngom veut exercer» sur les instances de décision du Cis ».

M. Diagne a expliqué que «le réseau de communication interne a connu des restrictions dans le sens de proscrire à tous les membres d'y envoyer des messages», confie-t-on.

Par ailleurs, l'ancien ministre des finances Amadou Kane emboite le pas à Madiambal Diagne, en déposant sa lettre de démission à la direction exécutive du Cis.

Il justifie sa décision ainsi par le fait que la direction exécutive n'a pas publié le « texte de mise au point du Conseil d'administration issu de la séance d'urgence tenue le dimanche 17 mai dernier ».

« Je constate à mon grand regret que le texte de mise au point publié dans la presse de ce jour (mardi 19 mai Ndlr) est substantiellement différent du projet qui avait réuni le consensus lors de cette séance du 17 mai 2020 », assène Amadou Kane.

En réalité, confie-t-il, cette affaire Akilee intervient après tant d'autres où les règles relatives à la bonne gouvernance ne sont pas respectées au sein du Cis.

Quant à Abderrahmane Diaye , il fonde sa décision dans le fait que « La bonne gouvernance de notre organisation aurait voulu qu'une telle prise de position puisse être étudiée, discutée et décidée de manière collégiale, au regard des éléments que nous aurions au préalable requis de part et d'autre ».

Dans la presse de ce jour on apprend que Babacar Ngom aurait fait son mea culpa. Une stratégie de communication serait -on tenté de dire pour sauver un navire qui prend l'eau de toutes parts à quelques heures d'une assemblée générale houleuse.

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