Cote d'Ivoire: Drame d'Angré - Sauvé par un médecin, il tue une professeure de médecine

Quand j'apprends le décès accidentel du Pr Adonis-Koffy Laurence, je ne pense pas immédiatement à la douleur de ses deux fils devenus orphelins de père et de mère et contraints de pleurer également leur dernier petit frère. Non, c'est impossible d'imaginer la douleur de jeunes gens soumis à une telle épreuve.

Qui, en plus, apprennent la mauvaise nouvelle par les réseaux sociaux. Ceux qui ont bondi sur leurs smartphones pour publier images atroces et propos révoltants du conducteur du véhicule meurtrier n'ont pas pensé aux proches de la famille tuée... Comme toujours en pareille circonstance.

La mort du Pr Adonis-Koffy m'a fait penser à ces enfants atteints d'insuffisance rénale.

Elle s'est battue toute sa vie pour eux. Sa spécialisation en médecine, c'était pour eux. Elle qui ne supportait pas de les voir souffrir. Elle renonçait à tout "gombo" en clinique parce qu'elle ne vivait que pour ces gamins.

Qui arrivaient au Chu de Yopougon et qu'il fallait coûte que coûte sauver. C'est justement cette forte envie de redonner le sourire à ses patients qui va permettre à nos chemins de se croiser. Par l'entremise de mon collègue, Macaire Dagry.

La première fois que j'ai eu cette agrégée en néphropédiatrie (soins des enfants malades du rein) au téléphone, je l'ai écoutée plus d'une heure parler de sa passion, sauver les enfants atteints d'insuffisance rénale.

Problème, les médicaments coûtent cher. Elle-même mettait la main à la poche pour en acheter. « Je vais faire comment M. Bledson ? Il y a des parents, quand tu les vois, tu ne peux même pas leur adresser une ordonnance ».

Pr Adonis a eu la chance d'épouser un homme qui lui aussi aime les enfants. Dieu seul sait combien de fois cet homme qui a rejoint les Cieux avec femme et dernier fils a réglé des ordonnances! « M. Bledson, tout cela ne suffit pas. Il faut que vous nous aidiez à aider ses enfants. On ne peut pas les laisser comme ça.»

C'était le cœur d'une mère qui parlait...S'il y a quelque chose que ceux qui ont aimé cette grande dame peuvent faire, ce serait soutenir "son" unité de néphropédiatrie et surtout permettre aux enfants malades du rein d'accéder aux soins.

Le Pr Adonis-Koffy a toujours eu cette propension à payer les médicaments de ses malades. « Elle le faisait même quand elle était étudiante », nous a dit un de ses confrères.

Homme sobre et patron de Macaci

On priera certainement pour le repos de l'âme de Ghislain Koffy, patron de Macaci, qui nous permet d'avoir de bons matelas pour notre repos.

Homme sobre, loin du tintamarre de l'actualité, cet entrepreneur prospère, quasiment né dans l'hévéa, était le patron de la Compagnie des caoutchoucs du Pakidié, propriétaire de grandes plantations d'hévéas, d'usines de caoutchouc et de Macaci.

Ghislain Koffy était le prototype de l'homme discret. Très serviable. Comme son père, un pan de l'histoire du caoutchouc en Côte d'Ivoire.

Sauvé par des médecins...

Cissé Mamadou, le jeune homme qui était au volant de la voiture accidentée, célébrait une seconde vie. Celle qu'il doit à des médecins.

Après qu'il fut éclaboussé par un jet d'acide, les siens avaient craint pour sa vie. Rapidement pris en charge par des médecins, Cissé Mamadou a été tiré d'affaire. Bien remis, il s'est offert une virée. La suite, on la connaît...

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