Madagascar: Coronavirus - Grand changement pour les joueurs de pétanque

Confinement ou pas, à Madagascar, la pétanque reste un sport prisé, « le sport national », diront même les amoureux du cochonnet. Cependant, les mesures restrictives pour éviter la propagation du coronavirus ont changé les habitudes.

RFI s'est rendue au boulodrome de la Cnaps, l'un des terrains les plus courus de la capitale, Antananarivo, et y a rencontré le joueur au plus gros palmarès de l'Ile.

Les mesures restrictives pour éviter la propagation du coronavirus dans la capitale malgache, comme par exemple l'interdiction de se réunir à plus de 50 personnes dans un même lieu, ont complètement modifié les habitudes et les rituels des joueurs de pétanque.

C'est un pli à prendre pour les amateurs mais la situation est plus qu'handicapante pour les joueurs professionnels qui vivent de ce sport.

L'œil vissé sur la boule, le geste souple, Tonitsihoarana Alhenj Zoel - dit Tontonne - enchaîne les tirs de précision, avec succès. Pourtant, le multi-champion de Madagascar et champion du monde se sent aujourd'hui un peu comme un novice.

C'est la troisième fois qu'il sort, en deux mois de confinement, par peur du virus: « Je pense que c'est un peu dangereux ; il y a peu de gens qui portent des masques », malgré l'obligation d'en porter.

Celui qui s'entraînait deux ou trois heures par jour avec ses partenaires de triplette a réduit son entraînement à une heure, seul, chez lui.

Tous les championnats nationaux et internationaux de ces prochains mois ont été annulés, un coup dur pour le moral mais pas seulement:

« C'est dur financièrement parce qu'à 90 %, les joueurs de Mada vivent de la pétanque et comme il n'y a plus de concours, plus de Paissa, c'est-à-dire les parties d'intérêt où je pouvais gagner de l'argent, eh bien mes revenus ont baissé.

Avant, quand on jouait les parties d'intérêt, en une semaine, je pouvais gagner jusqu'à 500 000 ar (120€, soit le double du salaire minimum mensuel) mais maintenant, c'est 0 ».

Il est presque 13h00. Les joueurs remballent leurs boules pour rentrer chez eux et respecter le confinement partiel, une scène quotidienne qui désole Zaka Andriamandimbisoa - dit Coco -, le président du Club bouliste Miram:

« Avant nous nous entrainions jusqu'à 18h00 et même 20h00, le soir, parce qu'il y a des projecteurs. Parfois on jouait jusqu'au petit matin. Cela fait deux mois que ce n'est plus possible. L'autre impact, c'est que c'est toute la vie du quartier qui est chamboulée ».

Gargotes, snacks, petits commerces qui animaient les lieux... Tous ont fermé leurs portes depuis le début du confinement, au grand dam des joueurs comme des spectateurs.

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