Congo-Kinshasa: Le député et opposant Jean-Jacques Mamba interpelé et placé en résidence surveillée

En République démocratique du Congo, l'opposant Jean-Jacques Mamba a passé sa première nuit en résidence surveillée dans un hôtel après une interpellation musclée dans la matinée de samedi à Kinshasa.

Ce député du Mouvement de Libération du Congo (MLC), auteur de la pétition visant la destitution de Jean-Marc Kabund du poste de Premier vice-président de l'Assemblée nationale, est poursuivi en procédure de flagrance pour faux et usage de faux.

Jean-Jacques Mamba a comparu samedi devant la cour de cassation. Il a été interpellé sur base d'une plainte déposée, cinq jours plus tôt, par un élu de la coalition au pouvoir, l'accusant d'avoir inséré frauduleusement son nom et imité sa signature sur la pétition contre Jean-Marc Kabund qui est, lui, du camp présidentiel non majoritaire à l'Assemblée nationale.

Pression...

Short bleu, polo jaune, Jean-Jacques Mamba, la quarantaine, s'est défendu seul dans un premier temps. Interpelé sans ménagement par la police à son domicile tôt le matin et déféré au parquet, il n'a pu se constituer un conseil devant la cour. Le député a affirmé que son collègue, Simon Mpiana, du parti de Vital Kamerhe, avait bel et bien apposé sa signature sur la pétition.

Ses co-signataires parlent d'une volteface sur la base de pressions au sein de la coalition présidentielle, dont il est membre. Solange Masumbuko, de la coalition pro-Kabila, le FCC : « Au sein de la coalition, il (Simon Mpiana) a subi une pression. Il n'y pas que lui qui a rayé sa signature. Ils sont trois. Nous devons quand même être responsable et assumer ce que nous faisons. »

Pour justifier l'interpellation du député, le ministère public a évoqué la flagrance, ce qui est loin de convaincre le parti de l'accusé. Jacques Djoli, inspecteur général du MLC déclare : « Comment on peut parler de flagrance alors qu'il y a eu plainte ?

On est en pleine manipulation et instrumentalisation de la justice à des fins politiques mais dans les mêmes pratiques qui ont avili et perverti notre démocratie et notre État de droit. »

L'Assemblée nationale a publiquement protesté contre cette interpellation opérée sans lever l'immunité du député.

Les présidents des groupes parlementaires ont, pour leur part, exigé la libération de Mamba, la suspension des poursuites et des « excuses » de la part du parquet. La cour a décidé d'ajourner son audience au 27 mai prochain.

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