Congo-Kinshasa: Ituri - La violence met à rude épreuve l'aide humanitaire

Selon l'Unicef, l'escalade de violence dans cette province de l'est du pays est non sans conséquence sur le vécu quotidien des femmes et des enfants qui sont exposés à plusieurs maladies.

Selon l'Unicef, la situation d'insécurité que connaît cette province depuis le début de l'année met à dure épreuve l'aide humanitaire en faveur des populations dans le besoin, en particulier les femmes et les enfants. "La situation sécuritaire en Ituri se détériore rapidement", a déclaré Edouard Beigbeder, représentant de l'Unicef en RDC. "Nous devons agir rapidement pour éviter une crise qui déracinerait et mettrait en danger encore plus d'enfants", a-t-il ajouté.

L'escalade de la violence a détruit vingt-deux établissements de santé dans la province, d'importants stocks de vaccins et des éléments de la chaîne du froid. Plus de cent soixante écoles ont été endommagées ou pillées. Le manque d'accès à un abri, à la nutrition, à la santé et à l'éducation rend les enfants particulièrement vulnérables aux abus, à la violence et à l'exploitation. Rien qu'entre avril et mai, l'Unicef a reçu plus de cent allégations de graves violations des droits de l'enfant, telles que des viols, des meurtres, des mutilations et des attaques contre des écoles et des centres de santé.

En dépit de cette insécurité, l'Unicef a maintenu sa présence et ses opérations humanitaires en Ituri par l'intermédiaire de ses partenaires d'exécution, mais les besoins sont toujours nombreux et croissent de jour en jour. Des milliers d'enfants risquent de souffrir de malnutrition grave. Des dizaines de milliers d'entre eux ne sont pas scolarisés et risquent de ne pas avoir de salle de classe à la réouverture des écoles à cause de la destruction de leurs salles de classe. Et des maladies mortelles dont la rougeole continuent de sévir dans la région.

Pour répondre aux besoins des enfants et des femmes, l'Unicef a lancé un appel de fonds pour l'action humanitaire en faveur des enfants en RDC qui s'élève à deux cent soixante-deux millions de dollars. Au 15 mai, seulement cinq et demi millions de dollars avaient été reçus et vingt-huit millions de dollars avaient été reportés de l'année précédente, ce qui laisse un déficit de financement de plus de deux cent vingt-neuf millions de dollars, soit 87 %. Depuis la fin de l'année dernière, près de deux cent mille personnes ont fui les territoires de Djugu, Mahagi et Irumu et ont trouvé refuge au sein des communautés d'accueil et des sites de déplacement extrêmement surpeuplés à Bunia, la capitale de la province de l'Ituri et dans ses environs.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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