Congo-Kinshasa: Reprise du procès de Vital Kamerhe

Une vue du bâtiment abritant la salle d'audience à la prison centrale de Makala à Kinshasa.

Le procès du directeur de cabinet du président de la RDC dont l'audience a été suspendue il y a deux semaines, va reprendre ce lundi (25.05) au Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa, la prison de Makala.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, le Libanais Sammih Jammal, directeur général des sociétés Samibo Congo et Husmal, ainsi que le chargé d'import et export à la présidence de la république, Jeannot Muhima, sont soupçonnés de corruption et détournement de près de 50 millions de dollars destinés à l'achat des 4.500 maisons préfabriquées.

Ces maisons devaient être livrées dans cinq provinces pour l'amélioration des logements sociaux dans le cadre du programme des 100 jours du chef de l'Etat.

Jusqu'ici, les avocats de Kamerhe ont introduit au moins trois demandes de liberté provisoire pour leur client, mais la Cour les a toutes rejetées.

Le Centre d'échange pour les réformes juridiques et institutionnelles, le CERJI, explique les difficultés des juges face à l'ampleur de l'affaire dans le pays. Selon son directeur, Charles Mushizi, "aujourd'hui en fait, la clameur est forte dans l'opinion. L'opinion qui a déjà condamné, malheureusement, Monsieur Vital Kamerhe. Le juge se trouve plutôt, devant une pression populaire devant laquelle il pense maintenir Kamerhe pour ne pas donner l'impression qu'elle est trop clémente à son endroit."

Indices de culpabilité

Une majorité de Congolais pense qu'il y a des indices de culpabilité du prévenu Vital Kamerhe. Un d'entre eux qui a requis l'anonymat l'accuse d'avoir utilisé l'argent du contribuable pour le bien-être de sa propre famille.

"Beaucoup de Congolais souffrent chaque jour. Ils passent la nuit comme ça sans pour autant manger quelque chose. Vous avez vu ce neveu de Kamerhe sur Facebook, sur WhatsApp ? Où est-ce qu'il a eu cet argent ? Il travaille où ?", s'interroge-t-il.

En attendant l'ouverture du procès, Daniel Shangalume, mieux connu sous le nom de Massaro, neveu de Kamerhe sera cité comme témoin au procès. Il est soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire entre son oncle et le co-accusé, Sammih Jammal. Il était en fuite jusqu'à une date récente, mais a été retrouvé et incarcéré également à la prison de Makala.

D'autres personnes sont aussi appelées à témoigner. Des ministres et des anciens ministres notamment.

Vital Kamerhe est en détention depuis le 8 avril 2020. La première audience aux côtés de ses co-accusés, Sammih Jammal et Jeannot Muhima, a eu lieu le 11 mai à la prison de Makala à Kinshasa.

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