Congo-Kinshasa: Programme des 100 jours du Chef de l'Etat - TGI/Gombe, second baptême de feu pour Vital Kamerhe

Comme annoncé au terme de l'audience foraine du Tribunal de Grande Instance de Gombe organisée à la Prison Centrale de Makala le lundi 11 mai 2020, Vital Kamerhe, Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, sera de nouveau à la barre ce lundi 25 mai, avec à ses côtés son co-accusé, le Libanais Samih Jammal , Directeur général de Samibo. T

ous les deux sont poursuivis pour détournement présumé de la somme de 48 millions de dollars américains destinés à la construction de 1.500 maisons préfabriquées et de 10 millions de dollars américains devant servir à l'achat des médicaments sous le label d'une société qui s'est révélée au finish être une quincaillerie.

Le public resté sur sa fois et curieux de connaître le fond du dossier de Kamerhe et Samih, forme le vœu de voir le Tribunal de Grande Instance de Gombe entrer dans le fond de la matière. Au regard de la stratégie de dénégations systématiques des faits mis à leur charge, cette juridiction devrait mettre sur la table toutes les pièces à conviction susceptibles de corroborer les lourdes présomptions de détournements des fonds publics, de corruption, d'enrichissement illicite et de blanchiment des capitaux à leur charge.

On rappelle que Vital Kamerhe est justement poursuivi sur la base de trois préventions : 1°) Détournement des deniers publics ; 2°) Corruption et enrichissement illicite ; 3°) Blanchiment des capitaux.

A l'audience du lundi 11 mai 2020, diffusée en direct sur la RTNC (Radio Télévision Nationale Congolaise) et plusieurs chaînes privées de radio et de télévision, sur insistance des avocats du prévenu qui tenaient à ce que toute la nation soit témoin des « vérités » qu'allait cracher leur client, l'instruction s'était limitée à l'identification des prévenus ainsi qu'à quelques questions de forme. Il avait été constaté, à ce stade préliminaire, une forte agitation du côté de Vital Kamerhe et de son co-accusé, Samih Jammal, qui s'étaient même permis de soutenir ne pas se connaître et n'avoir pas connaissance des accusations à leur charge, en dépit de la lecture, par le ministère public, de l'acte d'accusation, dans lequel sont consignées 40.000 pièces à leur charge. Kamerhe est allé jusqu'à « ignorer » le chef de division Muhima, chargé de l'import et export à la présidence de la République, pour qui il avait pourtant signé un ordre de mission pour le dédouanement du premier lot des maisons préfabriquées au port de Dar-es-Salaam, pour un montant d'environ 2 millions de dollars américains, et qui est rentré bredouille de la capitale tanzanienne, alors que l'argent lui remis avait pris une destination inconnue.

L'essentiel que l'on a retenu de la prestation du Directeur de cabinet du Chef de l'Etat est qu'il n'était pas l'unique « Coordonnateur » du Programme de 100 jours du Chef de l'Etat, ni l'unique signataire des contrats et ordonnateur des dépenses. Il a cité, de mémoire, plusieurs membres de son cabinet, du gouvernement et de hauts fonctionnaires ayant une large part de responsabilité dans la passation des marchés de gré à gré, la signature des contrats, l'ordonnancement des paiements, etc.

Il s'agit notamment du directeur de cabinet intérimaire Eberande, alors directeur de cabinet adjoint, du conseiller Nicolas Kazadi, des ex-ministres des Infrastructures Thomas Luhaka, des Finances Henri Yav Muland, du Budget Pierre Kangudia, et du gouverneur de la Banque Centrale du Congo. Pourquoi Vital Kamerhe n'avait-il pas cité, à l'audience du 11 mai, l'ancien ministre du Développement Rural, Bitakwira, qui s'était pourtant porté volontaire pour être entendu par le Parquet général près la Cour d'Appel de Matete, à l'étape de l'instruction pré-juridictionnelle ? Trou de mémoire ? Ce n'est pas impossible surtout que cet ancien membre du gouvernement avait été proprement écarté d'un dossier qu'il avait pourtant soigneusement élaboré au niveau de son cabinet.

«La liste des renseignants» ou «prévenus» serait longue, avec Pascal Katanga Kahinda, Chef de Division des titres immobiliers de Ngaliema, Kamerhe Luambukira Justin, Daniel Shangalume Nkinzi, Kilangalanga, conservateur des Titres immobiliers, Ngunda Muzumbu, comptable principal à la Présidence de la République, Ntumba John, ministre de la Formation Professionnelle, Kazadi Lubemba Alexis, expert chargé du programme des 100 jours, Sakombi Molendo, ministre des Affaires Foncières, Soraya Mpiana, belle-fille de Vital Kamerhe. Cette liste, indique-t-on, n'est pas limitative. D'autres noms pourraient s'y greffer au fil des audiences. Il y a tellement à dire dans le dossier judiciaire de Kamerhe et Samih Jammal qu'il serait plus prudent d'attendre l'audience de ce lundi et celles qui vont suivre pour être pleinement « renseigné » sur les montages financiers ayant couvert les présumés détournements des fonds commis à la modernisation et la réhabilitation des infrastructures de base en RDC, entre mars et septembre 2019. Kimp

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