Congo-Kinshasa: Affaire Mukuna - Rendez-vous le 29 mai au TGI/ Kalamu

Placé sous mandat d'arrêt provisoire le mercredi 13 mai 2020, après son audition au Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Gombe, puis en détention préventive à la Prison Centrale de Makala depuis le jeudi 14 avril, l'Evêque Pascal Mukuna, Représentant légal de l'ACK (Alliance Chrétienne de Kinshasa), avait récusé le magistrat instructeur, qu'il accusait de partialité dans l'affaire l'opposant à l'une de ses fidèles, la nommée Mamie Tshibola. Celle-ci, en effet, l'a trainé devant cette juridiction pour viols, menaces de mort et rétention du certificat d'enregistrement de la parcelle de feu Pasteur Kantshia, dont elle prétend être la veuve.

Compte tenu des suspicions de partialité soulevées par le prévenu, le Tribunal de Grande Instance de Gombe s'est dessaisi du dossier au profit de celui de Grande Instance de Kalamu, où le début du procès vient d'être fixé au vendredi 29 mai 2020. Cela soulage l'Evêque Mukuna et ses avocats qui pensent être en mesure de se défendre, à armes égales, avec l'accusation. Mais les préventions à charge du prévenu n'ont pas changé, à savoir viols, menaces de mort et rétention du certificat d'enregistrement de la succession Kantshia.

C'est le lieu de préciser qu'en fait de viols, la plaignante avait fait circuler, dans les réseaux sociaux, une prétendue sextape de ses ébats avec le patron de l'ACK. Mais, aux dires de Mukuna et de ceux qui ont visionné scrupuleusement les images, il s'agit d'un grossier montage destiné à faire chanter ce ministre de Dieu et à jeter l'opprobre sur lui. S'agissant des menaces verbales de mort, il appartiendra à la plaignante d'en apporter la preuve formelle devant la barre.

Pour ce qui du certificat d'enregistrement, des sources proches de la succession Kantshia soutiennent seuls y sont repris les noms de la veuve légitime et des enfants du de cujus. Quant à Mamie Tshibola et son enfant, leurs noms n'y seraient pas repris. Parmi les témoins à décharge pour le pasteur Mukuna, on cite Joseph Olenghankoy, président du CNSA (Conseil Nation de Suivi de l'Accord de la Saint Sylvestre), le Représentant légal de l'Eglise de Mangembo et un troisième serviteur de Dieu, médiateurs dans le « dossier » Mukuna-Tshibola, avant que celui-ci n'atterrisse au Parquet de Grande Instance de Gombe, compte tenu du refus de cette dernière de croire à la dure réalité de son absence sur la liste des « ayants-droit » de feu Kantshia.

Le décor de l'affaire étant ainsi planté, tous les regards sont tournés vers le Tribunal de Grande Instance de Kalamu pour départager, équitablement, les parties en cause.

Signalons que dans la nuit de mardi 19 au mercredi 20 mai, le pasteur Mukuna a échappé à un attentat, dans sa cellule de la Prison Centrale de Makala. En effet, vers 2 heures du matin, un commando invisible est venu frapper à sa porter, lui intimant l'ordre d'ouvrir, sous prétexte qu'il devait être conduit, d'urgence, en consultation au centre médical de cet site pénitencier. Suite à son refus catégorique d'ouvrir, les inconnus sont parvenus à injecter un produit toxique dans sa cellule, ce qui l'a mis KO. Mais, d'autres détenus ayant entendu des bruits suspects provenant de la cellule de Mukuna suivis d'un silence suspect, sont venus carrément casser la porte et l'extrait de là, en état d'inconscience, avant de le conduire au centre médical de la Prison de Makala, pour des soins appropriés. Cet attentat donne à penser qu'une main noire chercherait à trouver une solution extrajudiciaire au litige Mukuna-Tshibola. Kimp

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