Congo-Kinshasa: Reprise du procès de Vital Kamerhe - Les choses sérieuses ont commencé

Une vue du bâtiment abritant la salle d'audience à la prison centrale de Makala à Kinshasa.

Après un report de deux semaines, le procès de Vital Kamerhe est enfin entré dans le vif du sujet ; en témoigne le début des audiences. Outre le désormais ex-directeur de cabinet du président Félix Tschisékedi, il y avait, sur le banc des accusés, l'homme d'affaires libanais, Jammal Sammih, le coordonnateur du programme, Nicolas Kazadi, le ministre congolais de la Formation professionnelle, John Ntumba, le ministre des Affaires foncières, Aimé Molendo Sakombi connu pour être proche de Vital Kamerhe.

Et ce n'est pas tout. Après quelques jours de cavale, le neveu du patron de l'Union pour la nation congolaise (UNC) a été alpagué et présenté aux juges, même si ce dernier a préféré user du mutisme comme arme de défense.

En tout cas, pour un procès historique, c'en est un puisque c'est la première fois qu'une haute personnalité de l'Etat congolais, est jugée pour une affaire de détournements de deniers publics dans un pays où la corruption le dispute au clientélisme et aux passe-droits.

C'est en cela qu'il faut se féliciter de ce que ce procès ait été retransmit en direct afin de permettre au peuple congolais de comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce scandale lié à l'achat et l'érection de maisons préfabriquées dans le cadre du Programme dit des « 100 jours » du président Tshisékedi.

Le président Félix Tshisékedi veut montrer à tous les Congolais que nul n'est désormais au-dessus de la loi

En fait, on ne le sait que trop bien. Kamerhe et son parti croient dur comme fer qu'ils sont victimes d'une cabale politique et que la médiatisation du procès leur permettra de laver leur honneur devant le peuple congolais.

On comprend dès lors pourquoi, à l'ouverture du procès le 11 mai dernier, Kamerhe, pris dans les cordes, s'était montré offensif. Il soutient mordicus ne pas connaître l'homme d'affaires libanais et ce, alors même que des photos qui circulent sur les réseaux sociaux, attestent le contraire.

En pareille occurrence, les passe d'armes ne manquent pas entre la défense et la partie civile. En effet, alors que les avocats de l'Etat, à la reprise du procès, souhaitent que la liste des témoins s'allonge, les conseils de Kamerhe, eux, pensent que cette démarche est « précipitée ».

Cela dit, s'il y a quelqu'un à qui il faut rendre un vibrant hommage dans cette affaire, c'est bien le président Félix Tshisékedi qui, par ce procès, veut montrer à tous les Congolais que nul n'est désormais au- dessus de la loi. Toute chose qui tranche avec la gouvernance de son prédécesseur Joseph Kabila, où la vertu était constamment moquée et ridiculisée.

Plus de: Le Pays

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