Congo-Kinshasa: Procès 100 jours - Vital Kamerhe contre-attaque aujourd'hui !

Ouvert le 11 mai dernier, le procès Kamerhe et consorts contre la République dans l'affaire dite de « détournement des fonds dans le cadre du programme d'urgence de 100 jours du Chef de l'Etat » va se poursuivre ce lundi 25 mai 2020 au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe siégeant en chambre foraine à la prison centrale de Makala.

Le Directeur de cabinet « empêché » du chef de l'Etat, combatif lors de la première manche, devra cette fois se montrer plus convainquant. Déjà, la partie civile entend faire citer comme témoin plusieurs personnalités dans cette affaire. Et, de l'autre côté, la défense a suffisamment eu du temps et a pénétré, nous l'espérons, plusieurs pièces du puzzle. Donc, une contre-attaque est vraisemblablement attendue.

Dans une correspondance adressée au Président du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, jeudi dernier, la liste de témoins à citer a été présentée par la partie civile République Démocratique du Congo.

Parmi ces personnes, les anciens Ministres du Développement rural, Justin Bitakwira, du Budget Pierre Kangudia, et des Finances, Henry Yav Mulang. Mais aussi le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deogratias Mutombo, et même Soraya Mpiana, la belle-fille de Vital Kamerhe.

Lors de la première audience, le tribunal avait analysé sa saisine, les prévenus ont été brièvement interrogés, les Avocats de la défense avaient également soulevé quelques exceptions. La partie défenderesse a relevé, entre autres, la non-communication des pièces et PV des procédures. Elle avait demandé de prendre connaissance des pièces se trouvant au greffe. Selon les Avocats de Vital Kamerhe, il semble que ces pièces ont été réunies pour une meilleure contre-attaque.

Le président national de l'UNC avait affirmé avoir été dans une équipe de superviseurs, constituée de 9 personnes au total, mais n'était pas le Coordonnateur du programme qui comprenait plusieurs responsables selon les domaines.

Le prévenu Jeannot Muhima, quant à lui, a confirmé que près de 1.600.000 USD pour lesquels il est poursuivi pour détournement, ont été effectivement utilisés pour les formalités douanières et autres charges liées à l'importation des maisons préfabriquées. Côté Jammal Samih, la défense a demandé que l'on prouve que les maisons ne sont pas arrivées et que l'Etat congolais a tout payé.

Rappelons, par ailleurs, que la semaine dernière, le Barreau de Kinshasa/Matete avait suspendu Me Kabila Muana Kalala, l'un des avocats de Vital Kamerhe dans l'affaire liée au programme de 100 jours, pour une durée de 6 mois. Cette mesure disciplinaire est assortie de 5 ans d'inéligibilité. Il lui est reproché «le manquement aux devoirs de probité, dignité, déférence et délicatesse » en étant à la fois le défenseur de la République dans ledit dossier où l'Etat s'est constitué en partie civile, mais également en tant qu'avocat du Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, et donc encore de la République. Une pratique qui va, selon le barreau de Kinshasa/Matete, à l'encontre de l'éthique de la profession d'avocat.

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.