Cameroun: COVID-19 - Une maladie comme une autre

On a remarqué un point commun à la plupart des personnes guéries du coronavirus qui acceptent de témoigner à la suite de cette dure épreuve : elles préfèrent le faire sous anonymat. Et pour cause ! La plupart de ces personnes ne voudraient pas être cataloguées dans la rue et même dans leur environnement immédiat comme ayant été malades de cette terrible pandémie.

Elles sont en effet nombreuses qui ont du mal à considérer le coronavirus comme une maladie comme une autre. La raison est difficile à savoir. On a aujourd'hui de nombreux malades de la pandémie qui ont du mal à informer leurs proches de leur état, pour éviter leurs regards ou encore d'être mises à l'index. On avait déjà connu cela au début des années 1980 avec le Vih-Sida. De nombreuses malades ont ainsi perdu la vie simplement parce qu'ils avaient honte de se rendre dans des centres de prise en charge de la pandémie, parce qu'ils craignaient les regards des autres. Le phénomène se reproduit malheureusement aujourd'hui avec l'avènement du coronavirus. Le Covid-19 doit donc cesser d'être une maladie de la honte. Car il est difficile à X ou à Y de savoir comment il est entré en contact avec le virus à l'origine des désastres que connaît l'humanité depuis plusieurs mois.

En s'adressant à ses compatriotes le 19 mai dernier à la veille de la commémoration du 48e anniversaire de l'avènement de l'Etat unitaire, événement pour lequel les manifestations publiques ont été annulées pour se conformer aux directives du gouvernement, le président de la République s'est voulu clair à ce sujet : « Dans ce cadre, évitons de stigmatiser ceux qui sont atteints par la maladie. Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus », fait savoir Paul Biya qui rappelle à juste titre que « la négligence d'une seule personne peut nuire gravement à l'ensemble de la communauté ».

On l'a constaté depuis le début de cette pandémie : personne n'est à l'abri et contrairement à une certaine idée reçue, de nombreuses malades ont pu être soignés tant au Cameroun qu'ailleurs. Les personnes qui s'en remettent sont du reste plus nombreuses que celles qui décèdent de cette maladie. L'essentiel étant au respect des prescriptions édictées dès lors que l'on déclaré positif. Le président de la République l'a d'ailleurs rappelé dans son message à la Nation du 19 mai dernier, lorsque, s'adressant aux personnes testées positives, il leur a demandé de « respecter scrupuleusement les règles de confinement », car il s'agit d'un moyen qui facilite le traitement et évite la propagation de la maladie au sein de la société.

On ne le dit peut-être pas assez aujourd'hui, des maladies très courantes comme le paludisme ou le cancer causent plus de décès au sein de la société que le Covid-19. Il reste simplement important, comme le président de la République l'a rappelé, de respecter les mesures barrières qui sont édictées et qui ont pour noms : le lavage régulier des mains à l'eau courante et au savon, le respect de la distanciation sociale, mais également le port du masque dans les espaces publics en vue d'éviter de contaminer les autres ou alors de se faire contaminer.

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