Cote d'Ivoire: Décès du professeur Laurence Adonis Koffi - Consternation au Chu de Yopougon et à l'unité de néphrologie pédiatrique

« Si vous trouvez un mot plus fort que le choc, écrivez-le. C'est la catastrophe ». Dr Diarrassouba Gnenefoly, premier collaborateur de la chef de l'unité de néphrologie pédiatrique, Pr Laurence Adonis Koffi, tuée avec sa famille alors qu'elle faisait son sport matinal, a perdu son latin, tant les mots lui manquent.

Mines défaites, regards évasifs, pas lourds... les membres de l'équipe cherchent leurs repères ce lundi matin 25 mai 2020. Il est 9h, des hommes et des femmes en blouses blanches et roses vont et viennent dans les couloirs.

Certains devisent sur la pelouse où ils sont regroupés. D'autres encore sont au téléphone. Visiblement, le cœur n'est pas à l'ouvrage. « Notre douleur est immense, mais nous sommes tenus de travailler, parce que les tout-petits ont besoin de nous.

En outre, quand on connaît la volonté du professeur Adonis d'aider les enfants, on n'a pas d'autre choix que d'ouvrir l'unité pour pérenniser sa mémoire. Par ailleurs, c'est la seule spécialiste dans la sous-région », déclare Dr Diarrassouba, entre deux soupirs.

L'unité a réalisé, selon lui, une dialyse ce matin.

Une passionnée de sa spécialité

Tôt le matin, le personnel a reçu la visite du directeur général du Chu de Yopougon, Dr Deka Paulin Christian, la tutelle de l'unité.

Il a fait le déplacement pour apporter un réconfort aux collaborateurs et surtout les galvaniser pour surmonter le choc de la disparition de cette responsable que tous reconnaissent comme une passionnée de sa spécialité.

« Le lundi est son jour de consultation. Ce matin, elle avait rendez-vous avec des enfants. Elle serait en train de les recevoir en ce moment avant de régler les affaires administratives », poursuit Dr Diarrassouba.

Au passage, il nous montre son bureau. La porte sur laquelle on distingue bien l'écriteau portant son nom est fermée. L'assistante de direction n'a pas fait le déplacement non plus. Une situation qui achève de convaincre encore des sceptiques de la disparition de cette dame, pleine de vie et de projets.

Vendredi 22 mai 2020, elle en était encore à les ressasser, selon l'orateur. Il s'est entretenu avec elle jusqu'à 14h avant que celle-ci ne s'en aille pour une réunion. « C'est la toute dernière fois que je la voyais. Je ne pouvais pas imaginer cette suite.... ».

Au nombre de ses grandes aspirations, la formation des étudiants, la recherche, et surtout la subvention par l'État de la dialyse des enfants.

Car, contrairement aux adultes, ceux-ci sont tenus de débourser 80.000 FCFA pour une séance, soit 240.000 FCFA pour les trois séances hebdomadaires, là où les adultes paient 1750 FCFA la séance.

Ce qui entraîne un taux d'abandon de 90 à 95 %. Il n'était pas rare que Pr Adonis Koffi mette la main à la poche pour les soins des petits malades.

L'unité délocalisée à l'Institut national de santé publique

L'aventure a commencé il y a un peu plus de dix ans lorsque la jeune dame a démarré son projet portant sur cette unité spécifique des enfants au Chu de Yopougon.

La tâche ne fut pas aisée, à en croire son collaborateur. L'activité a commencé par les consultations puis l'hémodialyse, pour aboutir à la dialyse péritonéale.

Délocalisée à l'Institut national de santé publique d'Adjamé en raison de la rénovation du Chu de Yopougon en cours, l'unité de néphrologie pédiatrique n'a pas encore retrouvé sa vitesse de croisière. Pour l'heure, elle ne se limite qu'aux consultations (une quarantaine par jour).

Quant aux hospitalisations, elles n'ont pas encore repris. Professeur Laurence Adonis Koffi était en pleine constitution de son équipe. Elle laisse deux médecins néphropédiatres qui s'engagent à poursuivre son œuvre.

Plus de: Fratmat.info

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