Madagascar: Revendication des îles éparses - L'opposition privilégie la négociation

Rivo Rakotovao et Marc Ravalomanana, deux figures de l'opposition qui réclament aussi la souveraineté malgache sur les îles éparses.

« Les îles éparses sont malgaches ». Le parti Hery vaovao ho an'i Madagasikara réitère que les îles glorieuses, Bassas da india, Juan de nova et Europa, doivent être sous la souveraineté de Madagascar. Elles sont occupées par la France et font l'objet d'une revendication par les autorités malgaches. Ce parti de l'opposition a rappelé que sous l'ère de Hery Rajaonarimampianina, fondateur du parti, des étapes sont déjà entamées. Un discours de revendication sur la tribune des Nations Unies, en 2016, démontre, selon le parti HVM, que, l'ancien président a déjà évoqué le sujet. « Il importe aujourd'hui de poursuivre les efforts déjà déployés auparavant dans le cadre de cette revendication territoriale », estime alors le parti.

Souveraineté. La revendication des îles éparses est la seule question qui ne divise pas la classe politique dans cette conjoncture marquée par l'ampleur de la divergence entre les différentes formations qui sont dans l'arène. Les députés Tiako i Madagasikara adhèrent aussi à la revendication. « On est tous des patriotes », ont-ils lâché mercredi dernier à Ivato, en marge de la déclaration de la majorité sur le sujet des îles éparses. Marc Ravalomanana, lors de sa dernière sortie médiatique, a aussi pipé mot sur le sujet en affirmant sur une chaîne privée que les îles eparses doivent revenir à Madagascar. Dans la méthode, la classe politique partage alors la même approche pour aboutir à l'issue souhaitée par Madagascar. Le parti HVM estime que « la négociation doit être privilégiée » pour acquérir la souveraineté sur ces îles. Une position qui rejoint celle déjà adoptée par la diplomatie malgache. « Madagascar a toujours soutenu les valeurs du multilatéralisme, l'importance de la diplomatie, du droit international et du principe de règlement pacifique des différends », soutient Liva Tehindrazanarivelo, ministre des Affaires étrangères, lors d'une récente réunion de haut niveau avec le conseil de sécurité des Nations Unies.

Impasse. Les présidents successifs ont tous évoqué le sujet mais l'actuel locataire d'Iavoloha s'est bien démarqué en faisant bouger les lignes après la relance des négociations aux fins d'une restitution à Madagascar des îles situées sur le canal de Mozambique. Andry Rajoelina a lancé une consultation nationale, en décembre dernier, sur la question de ces îles et a mis en place une commission mixte franco-malgache pour entamer les négociations. Mais l'irruption de la décision française à faire des îles glorieuses une réserve naturelle en pleine phase de négociation avec les autorités malgaches, a jeté un coup de froid diplomatique entre les deux pays et plonge la démarche dans une impasse. Le gouvernement malgache a donc haussé le ton et convoque l'ambassadeur français, Christophe Bouchard, pour exprimer son opposition à l'initiative française considérée comme « provocatrice » par les députés.

Tromelin. Depuis le rebondissement du dossier îles éparses en pleine crise sanitaire, la France, elle, mène une campagne pour confirmer devant l'opinion internationale sa présence dans l'Océan Indien. Récemment, le préfet et administrateur supérieur des terres australes et antarctiques de France, Evelyne Decorps, s'est rendu récemment à l'île Tromelin, située dans l'Océan Indien, elle aussi revendiquée par l'île Maurice. Une levée de couleur a été observée, devant la caméra d'une chaîne française, et qui « marque la présence française » sur cette autre île litigieuse occupée par l'ancienne puissance coloniale. La détermination du gouvernement malgache à revendiquer les îles éparses semble gêner l'influence historique française dans le sud-ouest de l'Océan Indien.

Plus de: Midi Madagasikara

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