Sénégal: Mohamed Araby Niasse, Imam de Leona Niassene - «Les sénégalais morts de COVID-19 à l'étranger peuvent être enterrés là-bas...»

Dans son sermon du dimanche 24 mai dernier, lors de la célébration de la prière de l'Aïd-el-Fitr, l'Imam de la grande mosquée de Léona Niassène (Kaolack), Mohamed Araby Niasse a porté à l'attention des parents des Sénégalais de a diaspora victimes du Coronavirus que «ceux qui sont décédés à l'étranger peuvent bel et bien être enterrés là-bas, tel qu'il est recommandé par les vertus de l'Islam».

Ces personnes, selon le marabout, bénéficient des mêmes traitements auprès d'Allah (SWT) que leurs parents rappelés à Dieu sur le territoire national et seront jugées en fonction de leurs faits et gestes antérieurs.

Mohamed Araby Niasse de relever que «la seule chose qui compte pour quelqu'un qui a quitté ce bas monde est son niveau et degré de soumission à Allah durant sa vie.

Un fidèle adorateur de Dieu, peu importe le lieu où il est enterré, ses faits et gestes, mais surtout ses relations avec le Maître Suprême le trouveront dans sa tombe et en définitive il sera béni ou puni par rapport à ce vécu», a fait savoir l'Imam Araby Niasse.

Avant de prier pour le rapatriement des corps de ceux dont les parents ont vivement exprimé le souhait. L'Imam Araby Niasse s'est par ailleurs prononcé sur la situation des écoles coraniques, communément appelées «daraas».

Sur ce sujet qui fait l'objet d'une polémique continue entre les maîtres coraniques du pays et le pouvoir public, il dit avoir constaté que beaucoup de ces fameuses écoles n'obéissent plus aux principes anciens. Autrement dit, les écoles que lui et les personnes de son âge ont eu à fréquenter au moment de leur enfance.

Pour l'homme de Dieu, «il est inacceptable de voir des personnes aller chez un parent irresponsable, lui retirer son enfant, l'amener en ville sous prétexte qu'il y va pour étudier le Coran et ensuite faire de lui un mendiant.

Nous savons tous que l'Islam, quelque soit la manière dont il est pratiqué dans le monde, est toujours fidèle à lui-même.

C'est une religion de bienfaisance, de droiture, de vertus de manière générale et ne dicte à personne d'envoyer un enfant dans un environnement qu'il maîtrise à peine et lui exiger une somme d'argent qu'il doit collecter tous les jours, sous peine de punition ; s'il n'y parvient. Ces personnes peuvent se dire des «croyants», mais elles n'ont rien en commun avec l'Islam», en a ainsi déduit celui qui a dirige des prières à Léona Niassène.

S'agissant cependant des rapports souvent heurtés entre les familles religieuses du pays, la guerre froide entre les différentes confréries, l'Imam Araby Niasse a été clair : «on ne peut pas se réclamer talibé de Cheikh Ahmadou Bamba et s'attaquer au Tidianes. Non plus on ne peut être disciple de Maodo ou autre famille Tidiane et devenir adversaire de la communauté Mouride.

Les musulmans du pays doivent revenir à la raison et savoir qu'ils ne sont pas créés pour apporter le mal dans le monde, mais plutôt pour favoriser le bien.

Leur mission, entre autres, consiste à cultiver un esprit de vertu, de solidarité entre eux, et même avec les personnes adeptes des autres religions», a aussi conseillé Mohamed Araby Niasse

Plus de: Sud Quotidien

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