Ile Maurice: Quarantaine - Le protocole remis en question

Comment est-ce que deux voyageurs qui ont été rapatriés ont pu être testés positifs alors qu'ils avaient été soumis à des tests PCR dans le pays hôte, au moins cinq jours avant leur embarquement le 10 mai dernier?

De plus, est-ce que la découverte de ces deux nouveaux cas dissuadera le gouvernement à poursuivre le plan de rapatriement ? Ce sont les questions qui sont actuellement sur toutes les lèvres.

Peut-on faire confiance aux tests PCR effectués par nos compatriotes avant d'embarquer pour Maurice ? Dans le cas des passagers venant de l'Inde, le le Dr Zouberr Joomaye n'a aucun doute sur la validité de ceux-ci, car ils sont, dit-il, réalisés par un laboratoire accrédité et selon les normes internationales. Néanmoins, concède le médecin, le gouvernement est en train de tirer des leçons de ce qui vient de se passer, et ainsi travaille sur comment améliorer le processus de rapatriement tout en minimisant les risques.

À cela, le ministre des Affaires étrangères, Nando Bodha, devait indiquer que le protocole est en passe d'être revu. «Entre le test PCR qui se fait avant de prendre l'avion et à la sortie de la quarantaine, on envisage d'introduire un autre entre les deux. Ce, afin de pouvoir détecter la maladie tôt», a-t-il dit. Sauf que, selon nos recoupements, des tests PCR sont déjà effectués le cinquième, le septième, et le onzième jour de la quarantaine. D'ailleurs, l'on se souviendra du cas de ce jeune employé de bateau de croisière qui avait été soumis à au moins sept tests. Ceux- ci s'étaient, tour à tour, révélés négatif, négatif, positif, positif, négatif, positif...

Sollicité par rapport à la déclaration de Nando Bodha, le Dr Zouberr Joomaye a apporté des précisions. Jusqu'à présent, explique-t-il, ces tests ne sont pas effectués sur tous les passagers sous observation, mais surtout sur ceux qui présentent des symptômes. Or, dorénavant, ces tests seront systématiquement réalisés sur tous les passagers, et ce, à chaque fois que le besoin se fera sentir. «On dispose d'une réserve de 130 000 tests PCR. Et on attend d'en recevoir d'autres encore», précise-t-il.

Pour sa part, l'épidémiologiste Dr Deoraj Caussy, explique que le virus peut être détecté uniquement s'il est en circulation dans le corps. Or, comme on le sait, la période d'incubation du Covid-19 est de quatorze jours. «C'est pour cela qu'il faut suivre les personnes alors qu'elles sont en phase asymptomatiques. D'ailleurs, 40 % de transmission se fait dans les trois ou quatre jours précédant l'apparition des symptômes», affirme-t-il. D'où l'importance de prélever des échantillons à de différents jours. Ce qui est déjà le cas à Maurice. Pour le spécialiste, le fait que ces deux nouveaux cas soient importés est soulageant. «Si cela aurait été des cas locaux, ça aurait été dangereux dans la mesure où il y en aurait d'autres qui pourraient couver dans la communauté. L'on comprend également qu'aussi longtemps que le virus sera dans le monde, on sera à risque. C'est très difficile de le contrôler. Et il est important de réaliser le test PCR. Le test antigène rapide est, lui, peu fiable», fait ressortir le Dr Deoraj Caussy. Ceci étant dit, même la manière d'effectuer le test PCR n'est pas universelle. De différentes personnes la pratique différemment...

Est-ce que ces deux nouveaux cas vont dissuader le gouvernement à rapatrier ces Mauriciens qui sont bloqués à l'étranger ? Au ministère des Affaires étrangères, l'on soutient que toute autorisation de rapatriement découle du National Communication Committee, présidé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth. «Et tout est fait de manière à ce qu'on n'ait pas à tout recommencer à zéro,» indique cette source.

Plus de: L'Express

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