Congo-Kinshasa: Meurtre de deux militants de Lucha à Beni - L'Acaj interpelle le ministre de l'Intérieur

Radio Okapi
Beni-Ville

L'ONG de défense des droits de l'homme attend de ce membre du gouvernement des agissements qui soutiendront un rétablissement de la confiance entre la population et la police.

Dans une correspondance adressée, le 25 mai 2020, au vice-Premier ministre et ministre chargé de l'Intérieur et de la Sécurité, l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) lui recommande de rappeler à tous les autorités politico-administratives, à tous les niveaux, le respect des instructions contenues dans la note circulaire 002/2016 du 29 juin 2006 relatives aux réunions et manifestation publiques. Pour cette ONG, en attendant la publication de la loi portant fixation des modalités pratiques de l'exercice des libertés des manifestations et réunions publiques, ces dispositions pourraient aider à prévenir des atteintes à l'intégrité physique ou la vie des citoyens.

Dans cette réaction signée par son président, Me Georges Kapiamba, l'Acaj a voulu montrer sa préoccupation à la suite des meurtres, le 23 novembre 2019 et le 21 mai 2020 à Beni, dans le Nord-Kivu, de deux militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), Obadi Mohindo et Freddy Kambale, par les éléments de la Police nationale congolaise. Notant que ces meurtres ont été commis à l'aide des armes létales et à l'occasion des deux marches pacifiques dont l'organisation et les dates ont été préalablement communiquées à l'autorité politico-administrative, pour les dispositions pratiques d'encadrement, cette organisation, qui condamne ces meurtres, indique que ces derniers violent l'article 16 de la Constitution du pays.

L'Acaj, qui sollicite du gouvernement la prise en charge des obsèques de ces deux victimes, recommande également une enquête en vue d'identifier les auteurs des forfaits ainsi que des commandants respectifs « afin qu'ils soient poursuivis publiquement devant une juridiction compétente ». Cette organisation plaide également pour une enquête administrative sur les manquements qu'aurait commis l'autorité politico-administrative locale ainsi que pour la signature d'un arrêté ministériel interdisant l'utilisation d'armes létales lors de l'encadrement des manifestations ou réunions publiques pacifiques.

Pour l'Acaj, ces agissements attendus du vice-Premier ministre et ministre chargé de l'Intérieur et de la Sécurité constitueront un rétablissement de la confiance entre la population et la police. « Car l'efficacité de la police est liée à la confiance que lui témoigne la population. Et une police, qui entretient des relations de méfiance et de conflit avec la population, ne peut mener à bien son travail de recherche d'infractions comme de maintien de l'ordre public », a expliqué l'Acaj.

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