Burundi: Les réfugiés burundais au Rwanda pas prêts à rentrer

Des milliers de personnes ont fui le Burundi à cause de la violence et sont arrivées dans le camp de Mahama, au Rwanda.

Les résultats de la présidentielle donnant le CNDD-FDD en tête les effraient : les réfugiés burundais au Rwanda aimeraient retourner dans leur pays, mais ils n'osent pas.

Malgré leur envie de retourner chez eux, les Burundais réfugiés dans différents pays, dont le Rwanda, ne comptent pas répondre à l'appel à rentrer au pays lancé par le vainqueur de l'élection présidentielle, Evariste Ndayishimiye. Ceux-ci semblent attendre, avant de retourner au Burundi, des garanties, et non de simples paroles.

Car pour eux, si le visage du vainqueur est nouveau à la présidence, le système reste la même. Ainsi, Frederic Ndayisenga, ne prend pas au sérieux l'appel lancé par le futur président, Evariste Ndayishimiye, qui leur a demandé de rentrer au pays. "Il succède au président Pierre Nkurunziza, il a été déjà baptisé "Samuragwa", en français cela signifie quelqu'un qui vient continuer, achever les projets de son prédécesseur", estime-t-il. Et de confier : "À partir de là, vous comprenez que c'est difficile d'être rassuré".

Violations des droits humains

Activiste féminine exilée à Kigali depuis 2015, Marie Louise Baricako ne croit pas non plus à cet appel. Elle estime que ce sera aux réfugiés de juger quand ils pourront rentrer. "Les violations des droits humains de tous genres, les assassinats, les disparitions forcées visant particulièrement les opposants politiques ou ceux qui sont perçus comme tel ne sont un secret pour personne", insiste-t-elle. "Quand la sérénité et la quiétude règneront dans tout le pays, nous saurons que les choses sont en bonne voie."

Réfugié en Belgique pour des raisons de sécurité, Elvis Kwizera, jeune politicien, pose comme principale condition : la relance par le nouveau président du dialogue avec les opposants afin de donner des garanties pouvant permettre leur retour. Pour Marc Kirura, un Burundais exilé à Manchester depuis 2015, le discours du futur président semble fantaisiste. La gestion des réfugiés nécessite plus de sérieux et d'actes concrets. "Evariste Ndayishimiye, le nouveau président élu devrait donner plus d'assurance aux réfugiés pour qu'ils puissent rentrer et ce par des mesures concrètes. Par exemple, l'arrêt des causes qui ont poussé ces réfugiés à quitter leur patrie".

Le HCR évoque plus de 300.000 Burundais réfugiés dans différents pays de la sous-région, sans compter ceux se trouvant sur les autres continents.

Lundi, la commission électorale burundaise a déclaré le candidat du parti au pouvoir Evariste Ndayishimiye large vainqueur de la présidentielle avec 68,72% des voix, très loin devant Agathon Rwasa (24,19%).

Plus de: DW

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