Sénégal: Mamadou Kâ dit « Petit Kâ »(Etics et Sonacos) - «Derrière trois très bons gardiens de but, je ne pouvais pas prétendre à grand-chose»

Ils ont en commun d'avoir été des footballeurs de talent et de n'avoir jamais disputé une phase finale de Coupe d'Afrique des Nations (Can). Pour une raison ou une autre. Nous vous proposons d'aller à la rencontre de cette belle brochette de joueurs qui auraient certainement fait bonne figure dans cette compétition si courue. Premier de cordée, Mamadou « Petit » Kâ.

S'il y a une joueur qui ne s'offusque guère de n'avoir jamais disputé de phase finale de Can, c'est bien Mamadou Kâ dit « Petit Kâ ».

Non pas parce que cela ne l'intéressait point. « Comme tout footballeur ambitieux, j'aurais bien aimé avoir à mon palmarès ne serait-ce qu'une participation à l'évènement majeur du sport africain », tient à préciser l'ancien portier de l'Etics de Mboro et de la Sonacos de Diourbel.

C'est simplement que, fairplay, il s'était très vite fait une raison : « comme titulaire en équipe nationale, il y avait un certain Cheikh Seck qui était le meilleur d'entre tous et qui était d'ailleurs mon gardien de but préféré.

Et derrière, il y avait deux autres très bons portiers, Mamadou Salla et Samba Fall. Alors, je ne pouvais logiquement pas prétendre à grand-chose », confesse-t-il humblement.

Sinon, comme « Petit Kâ » le dit lui-même, « à faire la navette entre l'équipe Espoirs et l'équipe A pour compléter, en cas d'absence de l'un des trois indéboulonnables ».

L'équipe nationale Espoirs dont il était le titulaire, notamment au tournoi Amilcar Cabral de Conakry en 1987, avec pour coéquipiers Nah Diallo, le capitaine, Fallou Badiane, Amoros ou Foutado, autres joyaux qui n'ont jamais eu l'opportunité de briller en Can, Amara Traoré qui a eu le rare privilège de goûter à cette compétition deux fois en tant que joueur (1994 et 2002) et deux fois comme coach (2006 et 2012) ou Ngor Sarr, météore du foot sénégalais qu'il a illuminé durant de trop courtes périodes avant de mourir à la fleur de l'âge. Et l'équipe nationale A où « Petit Kâ » fait quelques piges comme suppléant d'un des deux suppléants.

Ce qui n'est pas pour l'aigrir ou le noyer de chagrin. « Je sais que j'étais le meilleur gardien de but de ma génération. Je maîtrisais parfaitement mon boulot. Mais ce poste a une certaine spécificité : on s'y bonifie avec le temps.

Ce qui favorise une certaine longévité des gardiens et qui explique, par exemple, que Cheikh Seck ait été le titulaire indiscutable de 1985 à 1994.

Un joueur de champ aurait difficilement tenu aussi longtemps », témoigne ce portier longiligne et efficace sur sa ligne et dans ses sorties, découvert en juniors alors qu'il évoluait au Mbossé de Kaolack, par le technicien René Diouf.

C'est lors de son passage à la Sonacos de Kaolack que « Petit Kâ » avait été remarqué par Mawade Wade et Jo Diop et avait étrenné ses premières sélections en juniors.

À partir de la saison 1988-89, sa carrière allait prendre une nouvelle dimension avec son arrivée à l'Etics de Mboro. Deux fois vice-champion du Sénégal avec les « Phosphatiers », « Petit Kâ » avait pris part à l'aventure sous-régionale africaine avec la coupe de l'Ufoa des clubs.

Passé à la Sonacos de Diourbel, toujours par l'entremise de René Diouf qui, selon lui, lui a « appris le football et la vie », il a participé à la montée du club en D1 et au titre de champion décroché en 1996 par les « Huiliers » sous la conduite du coach Alassane Dia.

« J'ai eu une carrière honorable. Je n'ai absolument rien à regretter pour avoir fait tout ce que j'estimais devoir faire », témoigne de la Belgique où il s'est établi depuis la fin de sa carrière sportive en 1998.

D'ailleurs, il coule de beaux jours dans la petite ville de Rulles, en région wallonne. Il y a joué ... en 3ème division provinciale « juste pour le plaisir et meubler le temps » après avoir remisé ses gants.

Et les dirigeants du club qui avait été entrainé dans le passé par l'ancien international sénégalais de la Jeanne d'Arc, Sadio Demba, avaient été si séduits par ses qualités qu'ils lui ont trouvé un job.

Plus de: Le Soleil

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