Cote d'Ivoire: COVID-19 - Le président du Sénat Ahoussou soulève de nombreuses inquiétudes…

Le lundi 25 mai dernier, la commission des affaires sociales et culturelles du Sénat a reçu le ministre de la Promotion de la jeunesse et de l'Emploi des jeunes, Touré Mamadou, à la 400 places de la Fondation Félix Houphouët-Boigny.

C'est autour du thème « La sensibilisation des jeunes et des différentes mesures prises en leur faveur dans la gestion de la crise sanitaire due au Covid-19 » que se sont déroulés les échanges. Mais avant le propos liminaire du l'invité du jour, le Président du Sénat a salué l'arrivée du ministre et le travail abattu dans le cadre de la lutte contre le chômage.

Toutefois, il n'a pas manqué de relever quelques inquiétudes qui guettent cette jeunesse surtout en cette période de crise sanitaire, liée à la Covid-19 « Face à tout ce changement, la situation de la jeunesse de notre pays nous interpelle à plus d'un titre.

En effet, à la faveur de la levée de certaines mesures contraignantes adoptées par le Conseil national de sécurité pour freiner la propagation de la Covid-19, il vous suffit de sortir et de constater avec quel enthousiasme nos jeunes sont attroupés dans les maquis et autres lieux de rencontres. Nous assistons à un laisser-aller généralisé qui optimise les risques de la propagation de la pandémie.

Les jeunes ont-ils pris la pleine mesure de risque de contamination ? Avons-nous fait ce qu'il faut, ce qu'il fallait faire pour les sensibiliser à assumer le changement de comportement? », a-t-il relevé avant d'indiquer « Monsieur le ministre, il est essentiel de faire savoir à notre jeunesse qu'elle peut tout aussi facilement contracter et transmettre le virus aux autres. Nos jeunes peuvent être des porteurs asymptomatiques et ne pas s'en rendre compte.

D'où l'inquiétude évidente de notre institution de l'ouverture des salles de classes, de reprise de la vie économique et sociale sur toute l'étendue du territoire national. »

FONDS D'APPUI : « LE PAYS PROFOND PLEURE EN SILENCE… »

Ayant écouté avec beaucoup d'attention l'exposé du ministre Touré Mamadou, le Président de la Chambre Haute du parlement n'a pas manqué de soulever quelques inquiétudes quant à la répartition des fonds d'appui aux différents secteurs d'activité notamment le secteur informel «

Les questions de la jeunesse ont toujours préoccupé Son excellence le Président de la République d'où la création d'un ministère dédié.

Nombreuses sont les actions qui ont été menées. Nous savons qu'il y avait à l'époque environ 5 à 6 millions de jeunes sans emploi. Et là, on est heureux de constater qu'il y a un fonds d'appui au secteur informel parce que ce secteur me préoccupe beaucoup, car la plupart de nos mamans sont dans le secteur informel.

Celles qui vendent au bord des écoles, des collèges, des galettes. Depuis ces deux mois, elles ont vu leurs fonds de commerce disparaitre.

Monsieur le ministre, ces fonds d'appui, est-ce vraiment des fonds sociaux ou bien ces fonds serviraient à faire des prêts, ou vraiment ça servirait à toucher le social ; c'est-à-dire c'est une subvention ?

Et comment permettre à ce que madame Traoré qui se trouve derrière Gbélégban qui vend des galettes au bord de l'école primaire publique de son village puisse avoir accès à ces fonds ?

Quel est le mécanisme pour pouvoir toucher le maximum de bénéficiaires du pays profond? A Abidjan, c'est un peu plus facile, mais le pays profond pleure en silence contrairement à Abidjan où les gens sont beaucoup mûrs.

Le pays profond résiste plus qu'Abidjan parce qu'ils ont la capacité de résilience… » a-t-il plaidé la cause du pays profond avant d'ajouter « Monsieur le ministre, nous représentants des collectivités territoriales, on voudrait savoir, surtout que tout le pays n'est pas communalisé, il n'y a pas de maire partout ; comment faire pour atteindre les villages qui sont hors du territoire communal.

Comment ces femmes-là vont avoir accès à ces fonds pour pouvoir se reconstruire ? Ma préoccupation, c'est donc l'informel, nos petites mamans, nos petites sœurs qui vendent du gnamankoudji, du dêguê. Comment elles vont faire pour retrouver leurs activités ? Voici une de nos préoccupations… » a-t-il insisté.

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