Cameroun: « Deux parcours sont désormais consacrés »

interview

Par décret N°2020/274 du 11 mai 2020, le président de la République, Paul Biya, a réorganisé l'Ecole nationale supérieure polytechnique de l'université de Maroua. A travers cet acte, le chef de l'Etat assigne de nouvelles orientations à cette grande école qui forme dans son moule, les ingénieurs et cadres supérieurs dans les métiers de l'ingénierie.

Afin d'éclairer nos lecteurs sur les nouvelles offres de cette institution, nous sommes allés à la rencontre du Pr. Idrissou Alioum, le recteur de l'université de Maroua qui apporte des éclairages sur les contours du texte présidentiel.

Par décret, le chef de l'Etat vient de réorganiser l'offre de formation à l'Ecole nationale supérieure Polytechnique de l'université de Maroua. Concrètement qu'est-ce qui va changer?

De manière globale, on peut dire que la plus grande innovation sur le plan académique au regard du décret n°2020/274 du 11 mai 2020 réorganisant l'ENSPM est le régime des études. C'est ainsi que deux (02) parcours sont consacrés, à savoir : le cursus de formation d'ingénieur et le cursus de formation en sciences de l'ingénieur en sachant que pour le premier cursus, il prépare au diplôme d'ingénieur et le deuxième cursus permet d'obtenir les diplômes de Licence, Master et de doctorat ou PhD en Sciences de l'Ingénieur.

Il faudrait également signaler que des passerelles pourraient être créées entre les deux cycles, notamment ceux des étudiants, inscrits en cycle d'ingénieurs et qui souhaiteraient prétendre à l'obtention des diplômes de Licence et de Master en Sciences de l'Ingénieur. De même, les étudiants titulaires d'un diplôme de master en Sciences de l'Ingénieur peuvent être admis en cycle de Doctorat en Sciences de l'Ingénieur suivant les conditions fixées par l'Ecole doctorale consacrée. Sur un autre plan, il vous souvient comme l'a bien rappelé le ministre d'Etat, ministre de l'Enseignement supérieur au soir du 11 mai 2020, cette réorganisation des Ecoles nationales supérieures polytechniques de Maroua, Yaoundé et Douala (transformation et organisation) devrait permettre une intégration plus facile des ingénieurs formés dans ces écoles dans leur corporation notamment l'ordre des ingénieurs.

Doit-on voir en filigrane plus d'opportunités en termes de formation et par là-même en ce qui concerne les opportunités d'emplois ?

Evidemment qu'avec ces deux cycles, le premier avantage, c'est la visibilité en termes de parcours. En même temps, rappelons qu'à l'ENSPM, les formations étaient axées sur des filières innovantes, adossées elles-mêmes sur les réalités socio-environnementales telles que : génie textile et cuir ; agriculture, élevage et produits dérivés ; énergies renouvelables ; sciences environnementales ; hydraulique et maîtrise des eaux ou encore météorologie, climatologie, hydrologie et pédologie. Figurez-vous que même la filière « aires protégées » a été mise sur pied, certes en formation à la carte, mais dans une logique de production des expertises nécessaires et utiles aux enjeux locaux, nationaux et sous régionaux. Cette diversité des formations innovantes cadre parfaitement avec ce décret qui consacre la vocation scientifique, technologique et professionnelle de l'ENSPM.

Peut-on en savoir plus sur d'autres aspects de cette réorganisation de l'ENSPM ?

De manière schématique, on peut dire que la dimension stratégique a été prise en compte notamment avec le renforcement des prérogatives du Conseil de direction qui devrait connaître de toutes les questions relatives à la vie et au fonctionnement de l'ENSPM y compris sur les propositions du budget. De plus, sur le plan administratif, d'autres services ont été créés notamment ceux dédiés au courrier et aux relations publiques, à la traduction ou encore à l'orientation-conseil. Le volet académique pourrait être complété par une grande prise en compte de la formation en alternance, véritable catalyseur de la dimension technologique et professionnelle de l'ENSPM. Dans cette perspective, il est question de consacrer le binôme école-entreprise ou vice-versa, de telle sorte que les produits formés dans cette école puissent être opérationnels dès l'obtention de leurs parchemins.

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