Cameroun: Social Democratic Front - Déjà 30 ans !

Après sa naissance tumultueuse à Bamenda, le parti dirigé par Ni John Fru Ndi a soufflé sur sa 30e bougie hier dans un contexte marqué par une perte de terrain sur la scène politique nationale.

Cinq, c'est le nombre de députés du Social Democratic Front (SDF) élus au cours du double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020. Contre 18 dans la législature sortante. Pour une fois depuis qu'il a décidé de prendre part aux élections législatives, en 1997, soit sept ans après sa création le 26 mai 1990 à Bamenda, le parti n'aura pas un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Pire, il a même cédé sa place de principale force de l'opposition au sein de cette chambre à l'Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) qui compte sept députés, soit deux de plus que le SDF. Même si le parti peut néanmoins se targuer d'avoir remporté les sept sièges éligibles lors des sénatoriales de 2018 dans la circonscription du Nord-Ouest. Toutefois, l'on notera que le parti est passé de 14 sénateurs, dans le cadre de la première législature de cette chambre du Parlement à seulement sept depuis deux ans.

Né dans la mouvance du retour au multipartisme dans les années 1990, le Social démocratic Front voit véritablement le jour le 26 mai 1990 à Bamenda. Comme son nom l'indique, il se classe dans la mouvance des partis socialistes avec son slogan : « Pouvoir au peuple ». Un peu plus de deux ans après sa création, il marque les esprits avec le score réalisé à l'élection présidentielle par son candidat, Ni John Fru Ndi avec 35,93% des suffrages, soit moins de 5% que le vainqueur dudit scrutin, le président Paul Biya. Ce, après avoir choisi de boycotter le scrutin législatif qui se tenait le 1er mars 1992. Cinq ans plus tard, le SDF choisit de ne pas présenter de candidat à l'élection présidentielle. Lorsque John Fru Ndi revient à cette élection en 2004, il enregistre néanmoins un score honorable de 17,40% des suffrages, se classant derrière l'actuel président de la République. Le score du candidat du parti ira décroissant lors de l'élection du 9 octobre 2011, lorsque John Fru Ndi va enregistrer 10,71% des suffrages. Sept ans plus tard, John Fru Ndi choisit de ne pas se présenter au profit de son premier vice-président, Joshua Osih. Ce dernier n'arrivera qu'en 4e position avec 3,35% des suffrages.

Au niveau du Parlement, le parti démarre sur une fausse note, avec le choix du boycott des élections législatives du 1er mars 1992. Lorsqu'il choisit de présenter des candidats à l'Assemblée nationale cinq ans plus tard, il s'en tire avec 43 élus, consolidant ainsi sa place de principale force de l'opposition au Cameroun. Ces résultats iront décroissants au cours des deux élections législatives qui suivront en 2002 et 2007 lorsqu'il enregistrera respectivement 22 et 16 sièges. En 2013, il connaîtra une légère embellie avec 18 députés, ce qui lui permet de conserver un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale. Mais le 9 février dernier, seuls cinq députés sont issus des rangs du parti. Du côté du Sénat, le parti est passé de 14 élus en 2013 à seulement 7, cinq ans plus tard. Même si ici, il peut encore se targuer d'être la deuxième force politique au sein de cette chambre. Les résultats enregistrés dans le cadre des municipales sont allés dans le même sens. Plus de 60 communes contrôlées en 1992, 36 en 2002, 19 en 2007 et moins de cinq depuis le 9 février dernier, sous réserve des décisions qui seront rendues dans les semaines à venir par la Chambre administrative de la Cour suprême dans le cadre du contentieux de cette élection.

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