Sénégal: Attribution de licences à des bateaux d'origine chinoise et turque - L'Aprapam répond aux autorités

«Les hommes et les femmes de la pêche artisanale ne sont pas des enfants à qui on dit ce qu'ils doivent faire ou penser». C'est ainsi que l'Association pour la promotion et la responsabilisation des acteurs de la pêche artisanale maritime (Aprapam) réagit suite à des «accusations portées contre eux» dans un communiqué public hier, mardi 26 mai et dont nous avons reçu copie.

«Dans plusieurs articles de journaux récemment parus, les acteurs de la pêche artisanale, pêcheurs artisans, mareyeurs et femmes transformatrices, sont présentés par les autorités comme ayant été manipulés par d'autres acteurs de la pêche industrielle pour faire entendre leur voix contre l'attribution de licences à des bateaux d'origine chinoise et turque, en voie de «sénégalisation».

Comme si les acteurs de la pêche artisanale étaient incapables de discerner ce qui représente une menace supplémentaire sur l'avenir de leurs activités et de leurs communautés», ont déploré Gaoussou Guèye et ses camarades.

En effet, selon eux, la pêche artisanale a toujours œuvré pour la transparence dans le secteur. «En 2011, c'est la pêche artisanale sénégalaise qui a organisé une première rencontre sur la transparence dans le secteur de la pêche maritime, et qui n'a cessé ensuite de militer pour cette transparence.

Qu'ont fait les autorités pendant ce temps ? L'audit de la flotte sénégalaise, élément essentiel pour la transparence, si souvent promis, n'a jamais été publié. C'est toujours le règne de l'opacité dans les sociétés mixtes», lit-on dans le communiqué.

La même source d'ajouter, «c'est la pêche artisanale également qui a mené, avec l'appui de la société civile, la mobilisation contre la surexploitation des petits pélagiques, qui sont notre filet de sécurité alimentaire, que ça soit par les bateaux russes en 2012, ou par les usines de farine de poisson ensuite».

Toujours selon l'Aprapam, «c'est la pêche artisanale qui a pris des mesures pour diminuer la pression de pêche des artisans sur les petits pélagiques, comme augmenter la taille de capture des sardinelles».

A en croire l'Aprapam, «la recherche sur l'état des stocks de petits pélagiques est laminée par le manque de moyens, alors qu'elle est la pierre angulaire d'une gestion durable des ressources».

«Le Sénégal n'a fait que peu d'efforts pour aller vers une gestion régionale de ces stocks partagés, qui est pourtant la clé pour assurer leur bonne gestion et l'avenir des communautés qui en dépendent», a indiqué l'Aprapam.

Plus de: Sud Quotidien

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