Cameroun: Corridor Batchenga-Ntui-Tibati - Deux lots accusent du retard

Des retards causés par la non performance de l'entreprise mobilisée sur ces lots sont en train de trouver solutions.

La route Batchenga-Ntui-Yoko-Lena-Tibati (380 km) se dessine progressivement. Pour ce projet divisé en six lots, pas moins de six partenaires techniques et financiers accompagnent le gouvernement pour sa réalisation. Il est d'ailleurs présenté comme l'un des projets routiers les plus importants mis en œuvre par le Cameroun ces dernières années. En février dernier, l'on assistait à la réception du lot 4 (Yoko-Lena) long de 45,241 km. Le lot 1 qui va de Batchenga à Ntui (21,3km) est à 71 %. Et ici, les populations bénéficient déjà des retombées socio-économiques du projet. Au niveau des lots 5 et 6 (Lena-Sengbe-Tibati) où l'entreprise Sogea-Satom est mobilisée, les travaux sont effectués à plus de 56%.

Si ça évolue bien ailleurs, les lots 2 (Ntui-Mankim, 96,7 km) et 3 (Mankim-Yoko, 82,1 km) accusent un grand retard. Le point de la situation fait état d'un arrêt des travaux et d'une procédure de remplacement de l'entreprise en cours sur le lot 2. Mais en attendant, des mesures sont prises par le ministère des Travaux publics (Mintp) pour le traitement des zones potentielles de rupture. « Le lot Ntui -Mankim confié à l'entreprise Elevolution a connu des difficultés qui ont emmené le maître d'ouvrage, après avis des partenaires financiers concernés, à résilier le marché et à relancer la procédure d'acquisition ouverte. Dans la procédure en cours, les acquis du premier marché seront valorisés notamment les bases construites, les terrassements exécutés, etc. », explique Mathurin Zanga, coordonnateur de la cellule des projets BAD-BM au Mintp, chargé de la gestion de ce projet.

Quant à savoir pourquoi un seul des deux lots a été retiré à cette entreprise défaillante, l'expert indique que « dans la gestion d'un projet, le maître d'ouvrage recherche d'abord la réalisation de l'axe routier. Lors de l'évaluation de la performance de Elevolution, il s'est avéré que le lot 2 était le plus en retard, avec une mobilisation très faible. Ainsi la seule solution était la résiliation ». Cependant, pour le lot 3, l'entreprise avait pris quelques dispositions et une organisation qui étaient de nature à rassurer quant à sa capacité à livrer les travaux. Elle avait du reste mobilisé un sous-traitant qui disposait d'un parc de matériel important. « C'est pour cela que ce lot n'a pas été résilié. Toutefois pour mitiger le risque de dérapage de délai, ce lot a été réduit de 25 km pour être confié à Synohydro », soutient Mathurin Zanga. Sur le lot 3 donc, les choses devraient aller plus vite. Car sur les 82,1 km, 25 ont été attribués à Sinohydro, une entreprise déjà mobilisée sur un autre lot de ce tronçon. Ces travaux concernent surtout l'aménagement des voiries. 40 autres km ont été confiés à Babaker, le sous-traitant de Elevolution. « Un total de 65km sur les 82,1 du linéaire total ne sont donc plus sous la responsabilité de Elevolution », indique M. Zanga.

Mais il reste que cette situation va causer un retard sur la livraison complète de ce corridor, prévue en 2023. « Il n'est pas facile d'évaluer ce retard aujourd'hui, lorsqu'on prend en compte les aléas inhérents à un appel d'offres international. Néanmoins, on peut dire que l'avis d'appel ayant été publié, nous aurons environ trois à quatre mois pour installer une nouvelle entreprise sur le site », explique le coordonnateur de la cellule BAD. Avant de conclure que « pour rattraper le temps perdu, le maître d'ouvrage a subdivisé ce lot en deux sous-lots réduisant ainsi le temps des travaux ».

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