Congo-Brazzaville: Cachots des parquets et de la police - La FBCP dénonce le trop plein de détenus et prévenus

L'ONG appelle les ministres concernés par ce secteur d'instruire les services sous leur tutelle au respect de la Constitution et des textes internationaux ratifiés ou signés par la RDC en matière des droits de l'homme, alors qu'elle dit attendre des inspectorats judiciaires civil et militaire un contrôle de ces lieux de détention.

La Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) indique avoir constaté, dans son monitoring du 26 mai, que les cachots des parquets et de la police dans la ville province de Kinshasa seraient remplis de détenus et prévenus. « Les cachots de la police situés au camp Lufungula, par exemple, sont remplis de gens en détention dont le délai est largement dépassé. Il en est de même de tous les petits cachots de la police à Kinshasa ainsi que ceux des parquets près des parquets de la République et ceux près le parquet général de la République », a fustigé la FBCP dans un communiqué signé le même jour par son président, Emmanuel Adu Cole.

Pour soutenir cette dénonciation, la FBCP relève, en effet, qu'au parquet de Gombe, par exemple, il y a plus de cent-cinquante personnes détenues, à Kalamu plus de cent-trente, à Matete plus de cent, à Pont Kasa-Vubu et Assossa dix-huit, à Lemba dix, etc.

La FBCP, qui rappelle la lutte du gouvernement congolais contre le coronavirus, dit, par ailleurs, penser que cette méthode des arrestations massives et détentions, qui crée le surpeuplement des cachots de la police et des parquets, tout en remplissant les prisons dans tout le pays, contribuerait à augmenter le nombre des malades à covid-19 en RDC, qui compte près de deux mille cinq cents contaminés.

Cette ONG de défense des droits de l'homme, qui note que les informations à sa possession indiquent que la majorité de détenus seraient considérés comme des « kuluna », rappelle que son intention n'est pas d'empêcher la police ou les magistrats à s'acquitter de leurs obligations. Pour la FBCP, son plaidoyer vise, plutôt, à amener ce service de l'Etat et la justice à respecter les droits de l'homme et faire preuve du professionnalisme dans l'accomplissement de leurs missions, en respectant la loi en vigueur.

La FBCP dit également profité de cette occasion pour alerter sur la reprise des anciennes pratiques des enlèvements ainsi que des arrestations, détentions arbitraires par certains agents des services de sécurité. Aussi cette ONG en appelle-t-elle au vice-Premier ministre et ministre chargé de l'Intérieur et de la Sécurité ainsi que tous les autres membres du gouvernement concernés par le secteur des droits de l'homme d'instruire leurs services pour le respect de la Constitution du 18 février 2006 et les instruments juridiques nationaux et internationaux que la RDC a ratifiés et signés. Cette organisation dit, enfin, attendre des inspectorats judicaires civil et militaire de faire leur travail en contrôlant les cachots.

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