Algérie: Massacre de Zéralda en été 1942 - Un crime impuni témoin d'un abominable racisme

Alger — A l'approche de l'été, la population de la commune de Zeralda (Ouest d'Alger) se remémore le massacre perpétré, en août 1942, par le colonialisme français à l'encontre de 25 Algériens, victimes d'un abominable racisme et d'une exploitation inhumaine, restés à ce jour un crime impuni.

Au cimetière de Sidi Menif, les stèles des tombes gardent intacts, 72 ans après, les noms des enfants et adultes assassinés par asphyxie dans une cave de 15 m2 sans aération au sous-sol de la Mairie de l'époque, et où les enfants de la région se recueillent toujours avec "une vive émotion" à la mémoire de leurs pères et grands-pères, victimes du colon raciste Denis Fourcade, explique le chercheur en histoire Amar Belkhodja.

Il a indiqué que dans le cadre de ses recherches sur les crimes de la France coloniale, cet article a été la clé pour identifier les victimes et comprendre les raisons qui avaient conduit à leur emprisonnement, une nuit entière dans la cave de la Mairie.

Le reportage montre qu'au moment où le Monde était occupé à combattre l'expansionnisme nazi, la France coloniale s'adonnait aux plus atroces crimes contre les civils, sans distinction d'âge ou de sexe.

Sur injonction du maire de Zeralda, le sinistre Denis Fourcade, connu pour son racisme et sa haine à l'égard des Algériens, la police a mené une rafle contre des paysans et leurs familles au motif de transgression de l'interdiction d'accès à des lieux réservés aux Français, pour les uns, et de refus de travail, pour d'autres.Une trentaine de personnes avaient été, ainsi, parquées dans une cave humide et sans aération au sous-sol de la Mairie par une nuit suffocante d'août 1942.

Lorsque l'air s'était complètement épuisé et que les suppliciés commençaient à tomber les uns après les autres, les survivants, cinq d'après les récits, se relayaient pour respirer à travers le trou de la serrure et le dessous de la porte en fer fermée toute la nuit.

Selon les témoins oculaires, les corps sans vie des victimes découverts le lendemain avaient été rapidement évacués à bord de camions de l'armée coloniale vers le cimetière de Sidi Menif où les villageois avaient été interdits de les enterrer eux-mêmes, comme il aurait sied à des Chahids.

Paisible ville côtière sous le soleil de la liberté recouvrée, Zeralda garde encore la blessure de cette douloureuse histoire et les enfants et petits-enfants des victimes n'arrivent toujours pas à comprendre toute cette haine coloniale qui l'a motivé.

L'interdiction d'accès à la plage de la commune pour +les indigènes et les chiens+ est le summum du racisme, tel que compris dans les doctrines des Etats-Unis, d'Australie, de Nouvelle Zélande et même d'Afrique du Sud avec l'apartheid, estime l'historien.

Pour lui, le massacre de Zeralda est à inscrire sur la liste des nombreux massacres et tueries perpétrés depuis les premières années de la colonisation dans la Metidja, notamment à Blida, Larbaa et Ghar El Frachiche dans la région de Ténès (Wilaya de Chlef actuellement).

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