Congo-Kinshasa: Polémique autour de la mort du juge Raphael Yanyi

Archive - Vital Kamerhe (au centre) entouré des membres de l'opposition

Raphael Yanyi, le président du Tribunal de grande instance en charge du procès de Vital Kamerhe, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi au Centre Nganda à Kinshasa. Les raisons de son décès ne sont pas connues.

Le magistrat qui paraissait en bonne santé, avait présidé le lundi, la deuxième audience du procès de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Celui-ci est poursuivi avec deux co-accusés pour détournement présumé d'une cinquantaine de millions de dollars de fonds publics destinés à la construction de logements sociaux.

Selon le colonel Miguel Bakaya, chef de département de la sécurité publique de la ville de Kinshasa, le magistrat Raphael Yanyi aurait succombé à une crise cardiaque.

"Un magistrat qui traite d'un dossier aussi important que celui-là ne peut pas comme ça s'écrouler, alors qu'il est censé être en bonne santé. Les autorités doivent prendre des dispositions pour qu'on puisse autopsier le corps et fixer les magistrats sur les causes réelles de ce décès", déclare à la DW, Edmond Isofa, président du Syndicat autonome des magistrats du Congo (Synamac) qui s'étonne de cette mort subite.

Une autopsie, c'est aussi ce que recommande le politologue congolais Bob Kabamba. Selon lui, "il n'est pas exclu que ce soit une mort naturelle du fait qu'il y ait une surcharge de travail. Peut-être aussi une surcharge émotionnelle par rapport à tout ce qui est en train de se passer avec les différents dossiers qui sont ouverts. Et là, je crois qu'il faut être très prudent et attendre les résultats de l'autopsie, s'il y a une autopsie qui est effectuée.

Respect de la mémoire

Pour sa part, le ministre des droits humains, André Lite Asebeba, appelle au respect de la mémoire du magistrat, Raphael Yanyi.

"En l'état actuel des choses, je me garde de tout commentaire. Il faut respecter la mémoire du défunt et par-delà tenir compte qu'il appartient à une famille. Quant au reste, effectivement, on en saura davantage, quand les autorités compétentes en la matière nous diront ce qu'il s'est passé", indique André Lite Asebeba.

Edmond Isofa, le président du Syndicat autonome des magistrats du Congo, explique que désormais le Tribunal de grande instance de Kinshasa va désigner un autre juge.

Ce dernier, dont le nom n'est pas connu, prendra en charge le dossier Vital Kamerhe, dont la troisième audience est prévue le mercredi 3 juin prochain à Kinshasa.

Plus de: DW

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