Madagascar: Souveraineté sur les îles éparses - « Négocier risque d'affaiblir la position de Madagascar », selon le GEN

Régler les différends sur les îles éparses par la voie diplomatique est l'approche développée par la diplomatie malgache. La négociation, pourtant, joue en défaveur de Madagascar dans ce litige qui l'oppose à la France, estime la société civile.

Depuis que le gouvernement français a publié son projet de faire des îles glorieuses une réserve naturelle française, les revendications sur les îles s'intensifient à Madagascar. En effet, après les critiques acerbes de la classe politique contre le gouvernement d'Emmanuel Macron, la société civile s'insurge aussi au sujet de ce dossier épineux. Le « groupe des experts nationaux » dirigé par la figure historique de la société civile, Madeleine Ramaholimihaso, qualifie le projet français comme un « acte provocateur des dirigeants français vis-à-vis du peuple malagasy ». Dans une déclaration publiée le 20 mai dernier, cette organisation parle le même langage que les députés de la majorité, qui, eux aussi, ont fustigé cette initiative française.

Coup de froid. Les réponses de la France à la déclaration du président Rajoelina sur une chaîne française, réaffirmant la « restitution » des îles éparses au lieu d'une « cogestion » avancée par le gouvernement français, ont jeté un coup de froid dans les pourparlers avec l'Hexagone. Alors que le litige est en phase de négociation, la France a fait une volte-face avec son projet sur les îles glorieuses. Dans le sillage de la société civile, à cet effet, on pousse le bouchon trop loin et on sollicite une rupture des négociations. « Se mettre dans une position de négociation, c'est risquer d'affaiblir la position de Madagascar », soutient le « groupe des experts nationaux ». « Il ne s'agit pas de négocier mais de réaffirmer que ces îles sont malagasy. Revendiquer ces îles signifierait que Madagascar ne serait pas certain de ses droits sur ses îles », poursuit la déclaration de cette organisation.

Sursaut national. Les discussions sur les îles sont actuellement dans l'impasse à cause, d'une part, de la suspension des rencontres, et, d'autre part, de l'irruption du projet français sur les îles glorieuses. La crise planétaire du Coronavirus a perturbé le calendrier pour la suite des tables-rondes de la commission mixte franco-malgache sur les îles éparses. Et, une seconde réunion a été prévue en mars dernier, selon le Président de la République, mais les mesures sanitaires l'ont fait capoter. La conjoncture liée à l'urgence sanitaire a donc interrompu les rencontres. Et contre toute attente, le récent projet français de réserve naturelle a, en revanche, mis le feu aux poudres. Le cercle de réflexion dirigé par Madeleine Ramaholimihaso appelle ainsi à un « sursaut national pour réaffirmer la souveraineté de Madagascar » parce que « prétexter que des réserves naturelles françaises existent à 12 000 kilomètres de la France n'est guère convaincant ».

Base militaire. La tension monte d'un cran contre le gouvernement français. Les déclarations sont des plus radicales pour le « groupe des experts nationaux ». « Accepter une base militaire française dans la zone exclusive maritime de Madagascar compromet l'affirmation que l'Océan Indien et le Canal de Mozambique reste une zone de paix loin de tout conflit », soutient l'organisation. Et celle-ci de poursuivre qu'il est urgent que Madagascar revoie ses relations diplomatiques (notamment les accords de coopération avec la France) trouve un allié stratégique membre du Conseil de sécurité et renforce ses relations pour former une coalition au niveau du continent africain ». L'avènement de ces déclarations nationalistes met la pression au gouvernement qui, jusqu'à présent, privilégie la voie des négociations pour revendiquer ces îles situées sur le canal de Mozambique.

Plus de: Midi Madagasikara

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