Madagascar: Construction de l'amphithéâtre à Anatirova - L'Association Amis du Patrimoine de Madagascar sort de son silence

L'association "Amis du Patrimoine de Madagascar" issue de la société civile s'investit dans sa noble mission de sensibilisation et de sauvegarde depuis 1990.

Jusqu'ici, la construction de l'arène dans l'enceinte d'Anatirova est sujette à polémiques et suscite diverses réactions. De ce fait, l'association "les Amis du Patrimoine de Madagascar" n'hésite pas à exposer sa position face aux différentes réactions suscitées par les travaux de restauration du Rova d'Antananarivo, incendié le 6 novembre 1995, et devant la vivacité de certains échanges observés sur les réseaux sociaux. Cette association ne cache pas son étonnement face à la construction de cette arène qui est décriée par la population malagasy, en général, et celle d'Antananarivo en particulier.

Depuis sa création à l'Académie Malgache, il y a plus de 20 ans, l'association Amis du Patrimoine de Madagascar s'est engagée et s'est fixé des objectifs précis, sauvegarder, réhabiliter, conserver les patrimoines culturels malagasy. Cette lourde tâche confiée à cette association dirigée par Désiré Razafindrazaka a toujours été accomplie.

Réclamation. Selon le communiqué signé le 26 mai, le président de l'association, Désiré Razafindrazaka, tient à exprimer son sentiment, une nouvelle fois en tant qu'acteur au sein de la société civile qui milite, de surcroît, en faveur de la valorisation, la conservation, la promotion et la sauvegarde du patrimoine national. « Nous avons salué, pour l'intention louable, l'annonce de ce projet de restauration du Rova, composé d'un ensemble de palais et d'édifices royaux sur la plus haute colline d'Antananarivo, dont le Palais de la Reine - ou Manjakamiadana - est l'un des joyaux. Mais nous étions aussi parmi les premiers à alerter l'opinion et à interpeller les pouvoirs publics quant à la nécessité de respecter les règles appropriées s'agissant de la gestion d'un patrimoine commun que nous léguons, comme l'avaient fait nos aînés, aux générations actuelles et futures », a-t-il écrit. En effet, L'association Amis du Patrimoine de Madagascar avait réclamé notamment que l'identité visuelle et la sacralité du Rova d'Antananarivo soient respectées, et que de nouveaux éléments visuels ne soient pas introduits, eu égard à sa symbolique au niveau de la souveraineté nationale et l'attachement de la population malagasy dans sa grande majorité.

Kianja Masoandro, dont la construction est à la vitesse TGV

L'association a également souligné que la structure de Kianja Masoandro n'a rien à voir avec l'architecture initiale du site, ni avec l'Histoire de Madagascar, encore moins avec sa culture. « Autant d'éléments dont le design de l'édifice et sa conception auraient gagné à s'inspirer, mais en choisissant un autre lieu dédié à la valorisation du patrimoine national ».

Concernant l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco, l'association "Amis du Patrimoine de Madagascar" tient néanmoins à souligner le fait que le Rova d'Antananarivo constitue l'élément central et prépondérant de cette dernière. « Ainsi, les travaux et transformations entrepris sont susceptibles de peser sur l'issue du dossier qui a été présenté par l'État malagasy en 2016 ; alors que la Haute Ville d'Antananarivo est considérée comme un ensemble architectural culturel urbain d'une qualité exceptionnelle, qui n'a pas d'équivalent en Afrique subsaharienne ».

L'inquiétude s'installe, des questions assaillent la génération consciente. Notre patrimoine est-elle dénaturalisé, sommes-nous déracinés ? Dans ce cas, où allons nous ? Certes, actuellement nous vivons dans le métissage culturel, mais le patrimoine bâti par nos ancêtres doit-il suivre ce phénomène à la mode, qui sera certainement démodé après quelques siècles. Normalement, l'objectif de chaque citoyen est de conserver son patrimoine pour ceci, soit intemporel comme celui des pyramides construites par les Égyptiens pendant l'antiquité. 4 000 ans plus tard, elles tiennent toujours debout.

Le site du Palais de la reine est devenu le fruit d'un mariage du sacré et de la « modernité ». Une erreur monumentale de la part des auteurs qui prétendent être les porteurs du développement. Développer ne veut pas dire polluer esthétiquement son patrimoine, mais la conserver à bon escient.

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